La presse commentant le premier débat télévisé entre les candidats à l'investiture PS pour 2007 © TF1/LCILes éditorialistes se sont autant attachés à la forme qu'au fond du débat télévisé mardi soir entre les trois prétendants à l'investiture socialiste, dont aucun, selon eux, n'a vraiment fait la différence. "(...) Blanche Ségolène allait-elle être dévorée par les vieux lions du parti ?", interroge Jean-Michel Thénard dans les colonnes de Libération. "Tel était l'enjeu proclamé pour les concurrents de la Poitevine (...) Logiquement, ils devaient n'en faire qu'une bouchée. En pratique, elle a fait mieux que résister : jeu égal.(...)", constate-t-il. Dans La Presse de la Manche, Jean Levallois ironise: "Pour Mme Royal, il n'y a pas de vaches sacrées, et Martine Aubry en aura fait les frais. Elle ne renie certes pas les trente-cinq heures mais pointe les erreurs, en expliquant qu'elle appelait un chat un chat, et après avoir éludé le plus longtemps possible ce sujet."
"Ségolène Royal a peut-être été plus didactique, DSK plus technique, Laurent Fabius plus vendeur. Qui a gagné ? Qui a perdu ? Ni l'un, ni l'autre, ni le troisième. Après tout, c'était peut-être le but de cette opération blanche", estime Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace. Même tonalité dans Le Midi Libre, selon Michel Noblecourt, "(...) le pire était annoncé : un exercice convenu, millimétré, empêchant tout échange, une émission digne de l'ancienne ORTF ! C'est une belle démonstration de maturité démocratique que les trois candidats ont faite. Il n'y a à l'issue du match ni vainqueur ni vaincu. Chacun a joué sa partition", précise-t-il.
"Fastidieux et intelligent comme un grand oral de Sciences Po"
Seul Le Parisien - Aujourd'hui en France, qui a demandé à douze journalistes de sa rédaction de noter les trois trois candidats, donne un net avantage à l'ancien ministre des Finances avec un 16/20, alors que Ségolène Royal ne recueille que 12 et Laurent Fabius 11. Selon France Soir, "Fabius était combatif, Ségolène sur la défensive, DSK consensuel" alors que Le Figaro a surtout vu "des candidats (qui) rivalisent de promesses". Pour Hervé Chabaud (L'Union), "chacun a voulu se montrer sous son meilleur jour. Pourtant, ils faisaient peine à voir, raides comme des piquets". Et d'ajouter : "s'il y a eu de la sincérité dans le propos, les postures manquaient de naturel et il n'était pas facile d'identifier ce qui différenciait les trois. Plutôt décevant".
"La discussion était tellement réglée, compartimentée et mesurée au millimètre près, que l'échange des projets parut souvent très corseté", souligne pour sa part Georges Latil dans La Provence. "Le principal vainqueur de la triangulaire interne au PS, hier soir, est l'ennui", surenchérit Patrick Fluckiger (L'Alsace). "Autant l'avouer : ce fut très ennuyeux, pour le dire poliment", note également Francis Brochet (Le Progrès). "Fastidieux et intelligent comme un grand oral de Sciences Po. Deux costumes noirs et un tailleur blanc derrière des pupitres, sorte de "Questions pour un champion" en version civique et obligatoire", ajoute-t-il. "La mise en scène brejnevienne a ruiné l'intérêt de cette fausse confrontation", affirme Olivier Picard (Les Dernières Nouvelles d'Alsace). Et il explique que "le premier débat entre les trois candidats socialistes n'avait pas grand-chose à faire à la télévision hier soir, même sur les chaînes parlementaires".
D'après agence
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