
L'Elysée a de nouveau opposé "un démenti catégorique" aux affirmations du Canard Enchaîné selon lesquelles Jacques Chirac aurait possédé un compte bancaire au Japon, mardi soir dans un communiqué. L'hebdomadaire satirique publie dans son édition de ce mercredi une partie d'un document attribué à la DGSE (services secrets français) et faisant état en novembre 1996 d'un compte ouvert au nom de Jacques Chirac à la Tokyo Sowa Bank en 1992.
L'existence de ce compte et de l'implication de la DGSE qui s'est intéressée à l'affaire a refait surface au printemps 2006 avec l'audition devant les juges de l'affaire Clearstream, du général Philippe Rondot, l'un personnages clés du dossier. A l'époque, le 9 mai dernier, Jacques Chirac avait démenti "catégoriquement" avoir jamais possédé un compte au Japon, et son entourage avait dénoncé une "campagne de calomnies".
Le Canard Enchaîné affirmait alors que le général Philippe Rondot avait déclaré au cours de sa déposition le 28 mars devant les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés de l'affaire Clearstream, que le président Chirac possédait un compte garni de l'équivalent de 300 millions de francs au Japon.La note publiée par le Canard figure, selon l'hebdomadaire, au scellé 8 de l'instruction Clearstream. Sur ce message expédié par le représentant de la DGSE à l'ambassade de France à Tokyo à l'époque, on peut lire: "le montant des sommes versées sur le compte ouvert par Sowa au nom de M. Chirac serait de soixante-dix oku-yens, soit sept milliards de yens, soit environ 300 millions de francs".
Documents internes de la banque japonaise
Dans un livre intitulé "Machinations" (Denoël), à paraître le 16 novembre, les journalistes Karl Laske et Laurent Valdiguié évoquent également cette affaire, en citant la note de la DGSE envoyée de Tokyo le 11 novembre 1996. Selon Le Canard Enchaîné et l'ouvrage de Karl Laske et Laurent Valdiguié, la "taupe" de la DGSE dont le pseudonyme est "Jambage" a eu accès à des documents internes de la banque japonaise. Selon les mêmes sources, le président, qui découvre le message en septembre 2001, soit peu de temps avant la campagne présidentielle de 2002, somme ensuite la DGSE de s'expliquer sur une enquête qui aurait été conduite contre lui par le service secret.
En janvier 2002, le patron de la DGSE, Jean-Claude Cousseran, affirme dans un rapport que le document a été "rédigé à partir de vagues rumeurs", écrit le Canard Enchaîné, issues d'un article dans le Shunkan Post, un magazine populaire japonais. Or, cet article n'a jamais été retrouvé. Après la réélection du président, un magistrat détaché à la DGSE, Gilbert Flam, qui a traité ce dossier, est remercié. En juillet 2002, c'est au tour de Jean-Claude Cousseran d'être débarqué. Mercredi, la Tokyo Star Bank s'est refusée mercredi à tout commentaire.
(D'après agence)
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