Clearstream : Villepin prononçant son discours à l'Assemblée avant le vote de la motion de censureNicolas Sarkozy devra attendre 2007 s'il veut instaurer les peines plancher applicables au mineurs. Les députés UMP ont en effet décidé mardi de ne pas présenter d'amendement instaurant ces peines plancher dans le cadre du projet de loi de prévention de la délinquance. Le texte, déjà adopté par les sénateurs et vivement critiqué par la gauche, sera examiné par l'Assemblée du 21 au 29 novembre et soumis au vote le 5 décembre.
Pas de peines plancher pour les mineurs multirécidivistes donc pour le moment, en revanche, les députés ont décidé de soutenir deux amendements sur la "motivation des décisions de justice" afin de prendre en compte des circonstances aggravantes comme la récidive pour les délinquants mineurs, a expliqué le président du groupe à l'Assemblée, Bernard Accoyer. "Le premier concerne l'excuse de minorité (ndlr: peine divisée par deux pour les mineurs de 16 à 18 ans), il disposera qu'entre 16 et 18 ans l'application de l'excuse de minorité devra être spécialement motivée", a-t-il expliqué. "Le second amendement disposera qu'en cas de récidive ou de deuxième réitération, la juridiction devra motiver spécialement sa décision par rapport à la peine encourue", a poursuivi M. Accoyer. Il s'agit, a-t-il dit, "de rechercher une meilleure lisibilité, une meilleure efficacité de la peine prononcée".
Le volet santé mentale par ordonnance
Le texte comprendra en outre la possibilité pour le gouvernement de légiférer par ordonnance sur le volet santé mentale, décrié par les professionnels et des élus, ont encore décidé mardi les députés UMP. Le processus est complexe, mais l'idée est en fait que l'Assemblée nationale examine et adopte le texte de Nicolas Sarkozy y compris avec les dispositions sur la santé mentale. Et une fois que le gouvernement aura légiféré par ordonnance, "on pourra supprimer ce qui aura été voté par précaution", a expliqué Bernard Accoyer.
Le texte, qui doit auparavant être examiné mercredi par la commission des Lois, durcit plusieurs points de l'ordonnance de 1945 sur "l'enfance délinquante" en instituant notamment la procédure de "présentation immédiate" des jeunes délinquants devant les magistrats pour mineurs destinée à remplacer la procédure de "jugement à délai rapproché". Il vise aussi à faire du maire le "pivot" de la politique de prévention. Un débat est en cours à droite sur la suppression de "l'excuse de minorité" pour faire condamner les multirécidivistes mineurs de plus de 16 ans comme des adultes et pour introduire dans ce texte les fameuses "peines plancher".
Un collectif national unitaire (CGT, FSU, Solidaires, Ligue des droits de l'Homme, syndicat national des psychologues, etc.) ainsi que l'Unsa ont appelé lundi à une journée de mobilisation et à manifester samedi à Paris contre ce projet de loi sur la délinquance.
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