Un dernier débat sans sifflets

Par D.H. (avec agence), le 09 novembre 2006 à 23h04 , mis à jour le 10 novembre 2006 à 11h30

Les trois postulants PS se sont livrés jeudi soir à Toulouse au 5e et dernier débat dans une ambiance plutôt détendue, avant le vote du 16 novembre.

TF1-LCI : Strauus-Khan, Fabius et Royal arrivent le 9 novembre au dernier débat PS avant les primairesStrauus-Khan, Fabius et Royal arrivent le 9 novembre au dernier débat PS avant les primaires © TF1-LCI

Après six semaines de campagne interne et à une semaine pile du vote des militants (16 novembre) sur le candidat socialiste qui se présentera à la présidentielle, les trois candidats à la candidature se sont livrés jeudi soir à Toulouse à un cinquième et dernier débat (régional). Ayant débuté dans le calme à part l'irruption d'une quarantaine de pompiers sur la scène réclamant la retraite à 55 ans, la rencontre sans caméras était largement encadrée pour éviter l'ambiance de "concours" de la réunion du Zénith il y a quinze jours. Les temps d'applaudissement étaient ainsi chronométrés, tout comme le temps de parole des candidats, et les différentes fédérations des 4.000 militants présents étaient placées dans des espaces délimités afin d'éviter toute concertation.

DSK : ne se laisser "impressionner par personne"

Premier à passer, Dominique Strauss-Kahn a exhorté par deux fois les militants à choisir le candidat socialiste "librement", sans se laisser "impressionner par personne ni par l'extérieur ni par l'intérieur du parti". Sur le fond, il s'en est pris à la destruction par la droite des services publics, disant vouloir "réintroduire dans les quartiers ce qui fait la vision claire de la république, les services publics". Combinant le sujet à la mondialisation, il a affirmé dans une reprise aux dires de Lionel Jospin : "si nous ne voulons pas que l'économie de marché nous entraîne vers une société de marché, c'est par l'Etat, l'action collective que nous devons intervenir". Il s'est engagé enfin à "réformer la France jusqu'au dernier jour" et à en revenir à "la gauche des grandes conquêtes".

Fabius : choisir "sur le fond"

Laurent Fabius, qui passait ensuite, a lui aussi réclamé des militants qu'ils votent "librement", leur demandant de prendre leur décision "sur le fond". Il a appelé à la "solidarité" et à mener "une campagne pour une République et un socialisme déployés" pour que "les déclassés, les faibles et les sans-droits" ne se tourne pas "vers le pire, la droite extrême". Après quoi, il s'est engagé s'il est élu président de la République à prendre comme premières mesures de "revaloriser les petites pensions, les moyennes pensions et les petits salaires", se disant favorable à une conférence salariale. Mais "seule l'impulsion de l'Etat permettra cette augmentation des salaires". Enfin, Laurent Fabius a insisté sur l'importance de défendre la République laïque. Et de conclure : "il n'y aura pas de victoire sans le rassemblement de toute la gauche. Soyons généreux, tendons la main et rassemblons-nous", avant de laisser la place à Ségolène Royal.

Le socialisme selon Royal

La candidate en tête des sondages (58% contre 31 à 36% pour DSK et 6% à 9% à Fabius), a dit juste avant le débat vouloir "finir en beauté", reconnaissant qu'elle avait eu "au départ quelques appréhensions" devant l'organisation des débats. Et "finir en beauté", c'était dresser le portrait du socialisme dans un discours rédigé lors du dernier débat. "Etre socialiste, c'est garder au coeur la révolte intacte", "ne jamais laisser les habitudes ou les calculs en éteindre la flamme". "Etre socialiste, c'est comprendre son époque et poser des mots justes sur les souffrances et les espérances des Français, notamment ceux qui se sont éloignés de nous." Elle aussi a évoqué les risques de la mondialisation, "et le chaos qu'elle peut devenir", "abandonnée aux seules forces du marché".

Le premier secrétaire François Hollande, qui devait conclure les débats, a affirmé être "dans un état d'esprit de rassemblement, d'unité et de victoire. Il faut que cette campagne continue à se dérouler dans le respect de chacun pour la victoire de tous", rappelant que ces débats au sein du PS, une première, étaient "un bel exercice de démocratie".

Par D.H. (avec agence) le 09 novembre 2006 à 23:04
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