Deuxième débat PSFabius à la télé, Royal en meeting, DSK dans le journal... La dernière ligne droite de la campagne des trois candidats PS ne se joue plus sur les propositions, mais sur le scrutin en lui-même. Quand Ségolène Royal espère passer au premier tour jeudi, les deux autres jouent la carte du second tour pour gagner. Ainsi pour Laurent Fabius, il ne faut pas que le premier tour des primaires PS afin de désigner le candidat socialiste à la présidentielle soit "entaché par des pratiques qui ne seraient pas à la hauteur du parti socialiste, après le beau débat que nous avons eu". Laurent Fabius a exprimé mardi soir, dans le journal de France2, "des doutes" sur la sincérité de ce scrutin.
L'ancien Premier ministre candidat à la candidature a notamment fait à "des départements du sud", dans une allusion aux listes électorales de la région de l'Hérault (où Georges Frêche a apporté son soutien à Mme Royal), contestées par les Fabiusiens. "Si certains ont cette idée, qu'ils se ressaisissent", a-t-il lancé, estimant que si les militants votent librement "il y aura un second tour et nous battrons Sarkozy". Et le candidat d'ironiser sur les sondages : "Ce n'est pas aux sondages à nous bourrer le crâne (...) si on dit c'est l'Ifop et la Sofres qui doivent décider à la place des militants et des Français alors qu'on prenne comme candidate la présidente de l'Ifop".
Royal : jeudi c'est comme le 1er tour "contre la droite"
Laurent Fabius a par ailleurs récusé les accusations de machisme portées à son encontre par Ségolène Royal. "Cela n'a absolument aucun sens. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas machiste, bien au contraire." Lors d'un meeting à Paris lundi (rapporté par Libération), Ségolène Royal a prêté à Laurent Fabius la petite phrase "Qui va garder les enfants?" si jamais elle était candidate à l'Elysée.
Tandis que Laurent Fabius était à la télévision, Ségolène Royal était en campagne dans son fief. En meeting devant plus de 1.500 de ses partisans à Aiffres, près de Niort, dans les Deux Sèvres, elle a estimé que le vote des militants socialistes de jeudi était déjà "le premier tour de l'élection présidentielle contre la droite". Elle s'en est vivement prise à l'UMP et à Nicolas Sarkozy : "Quand on est au pouvoir, on ne fait pas de programme pour après, on agit pour maintenant (...) c'est une façon immorale d'exercer le pouvoir."
DSK : être au 2nd tour, une "nécessité"
Le troisième candidat, Dominique Strauss-Kahn, a quant à lui donné une interview au Figaro (de mardi). Il y estime que sa présence au second tour est une "nécessité" et s'est dit confiant dans un vote des jospinistes en sa faveur. "Ma présence au second tour (...) renforcerait l'orientation sociale-démocrate dans le parti, elle montrerait que le caractère inexorable d'une des candidatures était fallacieux. Les cartes seraient rebattues et, alors, tout redeviendrait possible."
Strauss-Kahn réagit lui aussi vivement aux accusations de machisme portées par Ségolène Royal : "Dans une campagne, on peut contester les propos tenus par ses concurrents, c'est ce que je fais s'agissant du temps de travail des enseignants. On ne peut pas inventer des propos - or, c'est ce que fait Ségolène Royal pour l'occasion. Le véritable féminisme, celui pour lequel je me bats, c'est de ne juger personne à partir de son genre, mais chacun à partir des solutions qu'il apporte pour son pays. Voilà ma conception de la politique". Il se défend en outre que ses soutiens soient à l'origine de la diffusion de la vidéo pirate de la réunion de travail où Ségolène Royal proposait de faire passer les profs aux 35 heures.
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