Troixième débat PS © TF1/LCILaurent Fabius, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn se sont efforcés chacun de convaincre les militants socialistes de leur stature de chef d'Etat, lors d'un ultime débat mardi sur les questions internationales, "domaine réservé" du président de la République. A neuf jours de la primaire qui doit les départager, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, forts de leur expérience dans ce domaine, misaient sur ce dernier rendez-vous, avant un débat devant les militants à Toulouse jeudi, pour combler une partie de leur retard sur Ségolène Royal et la contraindre à un second tour, le 23 novembre. La favorite n'a cependant commis aucun impair même si elle est apparue moins à l'aise que ses compétiteurs lors de cette prestation. Chacun a d'emblée placé les enjeux à des niveaux différents.
Selon DSK, "la mondialisation des profits a entraîné la mondialisation des conflits" et "un président socialiste doit agir pour changer le monde". Pour Laurent Fabius, le monde souffre d'"un déséquilibre massif du fait de l'unilatéralisme américain" et "le péril écologique est la première arme de destruction massive". La députée des Deux-Sèvres a pour sa part appelé à "un ordre international juste". Elle n'a pas fait de distinction entre politique intérieure et politique étrangère, qui doivent obéir "aux mêmes valeurs: "exigence de vérité, efficacité, sécurité et lutte contre les inégalités". Sans surprise, des divergences se sont exprimées, surtout entre Ségolène Royal et Laurent Fabius d'un côté, M. Strauss-Kahn, nettement plus europhile, de l'autre, sur les moyens de relancer la construction européenne et les frontières de l'Union.
"Relance du couple franco-allemand"
Enfonçant le clou de son "non" au référendum sur la Constitution européenne, Laurent Fabius s'est déclaré "pour l'Europe par la gauche", détournant la formule de la présidente de la région Poitou-Charentes qui veut "une Europe par la preuve". Après l'échec du référendum de mai 2005 sur le traité constitutionnel, l'ex-Premier ministre a affirmé que "le plan B, c'est le projet socialiste" qui veut réorienter le cours de l'Europe. Ségolène Royal a donné la priorité à "un grand projet européen qui touche la vie quotidienne des Français", notamment par "la lutte contre le chômage et les délocalisations".
A l'inverse, Dominique Strauss Kahn a privilégié "une relance globale" de l'Europe, par la relance du "couple franco-allemand". Il faut "tout mettre à plat", a-t-il lancé. Même clivage à propos de l'éventuelle entrée de la Turquie dans l'UE. Pour Dominique Strauss-Kahn, "si la Turquie n'est pas liée à l'Europe, elle basculera de l'autre côté". Laurent Fabius a redit son hostilité, prônant "un partenariat privilégié", Ségolène Royal a préconisé "une pause" dans l'extension de l'Europe à de nouveaux pays. La vision de DSK d'une Europe englobant la Méditerranée a donné lieu à une passe d'armes. "Une Europe à 50, c'est l'Europe du libre échange!", a lancé M. Fabius. "Il ne s'agit pas de faire une Europe à 50 !", a répondu DSK.
Passe d'armes sur le nucléaire iranien
La question du nucléaire iranien a provoqué des échanges animés entre les prétendants à l'investiture socialiste. "Tous les Etats qui tiennent à la paix dans le monde doivent agir pour que l'Iran n'accède pas à cette possibilité", a d'abord déclaré Ségolène Royal, interrogée sur le programme nucléaire iranien, que les Occidentaux suspectent de fins militaires. "Il faut une action diplomatique extrêmement ferme pour que ce pays n'accède pas au nucléaire", a-t-elle déclaré.
Dominique Strauss-Kahn a alors estimé que Téhéran avait le droit de mener un programme nucléaire civil. "La question est de savoir si, utilisant le nucléaire civil est-ce que l'Iran est en train déborder du cadre du traité de non-prolifération et d'aller vers le nucléaire militaire". "Bien évidemment les Iraniens ont le droit d'avancer dans le nucléaire civil, ils ont signé le TNP ce serait quand même extraordinaire qu'ils n'aient pas le droit que leur reconnaît le TNP de faire du nucléaire civil. Alors oui au nucléaire civil, le nucléaire militaire non," a de son côté déclaré M. Fabius. "J'ai en effet une vision plus prudente que mes deux collègues de l'accès de l'Iran au nucléaire civil", a repris Ségolène Royal.
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