Le président PS de la région Languedoc-Roussillon Georges Frêche le 19 octobre 2006 © TF1-LCI/AFP-P.GuyotLa conversation, rapportée jeudi par le quotidien Midi Libre et confirmée par l'Agglomération, a eu lieu mardi soir, au cours d'un conseil d'agglomération présidé par Georges Frêche. Les élus commentaient les mauvais résultats enregistrés le week-end dernier par les équipes de rugby et de handball de Montpellier financées par l'agglomération.
Frêche dérape puis se dit victime d'une "chasse à l'homme"
"Voter pour ce mec me poserait un problème, il a une tronche pas catholique", déclare dans L'Express le président sortant du Conseil régional du Languedoc-Roussillon Georges Frêche à l'adresse de Laurent Fabius, d'origine juive.
Publié le 28/01/2010
C'est dans ce contexte que Georges Frêche, le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, a regretté que l'équipe de France de football compte "neuf blacks sur onze" alors que selon lui, "la normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre". Explication de Georges Frêche : "Ce serait le reflet de la société. Mais là, s'il y en a autant, c'est parce que les blancs sont nuls". Et d'insister : "J'ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine".
Propos déjà polémiques sur les harkis
"Si la véracité de ces propos est établie, je (les) condamne avec la plus grande énergie", a aussitôt réagi Jean-Claude Gayssot (PCF), vice-président du conseil régional, qui a décidé de "suspendre immédiatement" sa participation à l'exécutif régional "dans l'attente d'éclaircissements".
Suite à ces déclarations, les protestations au sein du PS ne sont pas fait attendre : François Hollande, premier secrétaire du PS, lui demande "de s'expliquer immédiatement". "Carton rouge à Georges Frêche : la déclaration de trop !", commente Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius. Pour lui, ces propos "sont indignes d'un élu de la République et constituent une salissure pour le parti socialiste". Georges Frêche "entonne une rengaine raciste dont Jean-Marie Le Pen avait jusqu'ici le triste monopole", souligne Claude Bartolone, notant qu'il est "un multirécidiviste de la provocation". Il a demandé à François Hollande, premier secrétaire, Dominique Strauss-Kahn et Ségolène Royal de condamner ces propos "de la façon la plus ferme".
"Complaisance qui n'est plus tolérable"
Jean-Luc Mélenchon, parle pour sa part de "récidive raciste". Le sénateur de l'Essonne estime que "ces propos sont inadmissibles" et invite "tous les socialistes à exprimer leur désaccord avec de telles déclarations et avec les idées qu'elles reflètent. La complaisance dont bénéficie Georges Frêche au parti socialiste n'est plus tolérable". Harlem Désir, député européen, secrétaire national à la mondialisation estime d'autre part que "Georges Frêche ne peut plus être membre du PS. Il n'a pu rester lié au parti qu'en raison de l'indulgence liée au nombre de mandats qu'il contrôle" et espère que cette "indulgence va désormais prendre fin".
Le 30 novembre, Georges Frêche doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour ses propos sur les harkis. Lors d'une cérémonie le 11 février 2006 à Montpellier, il avait traité de "sous-hommes" des harkis qui avaient participé le matin même à une manifestation de l'UMP.
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