Carte de la Turquie © LCILe général Ilker Basbug, numéro deux de l'armée turque, a annoncé que la Turquie avait décidé de geler ses relations militaires avec la France. Il s'agit d'une mesure de protestation contre la loi votée en octobre dernier par les députés français qui prévoit de pénaliser la négation du caractère génocidaire des massacres d'Arméniens en Turquie entre 1915 et 1917.
Au moment du vote, Ankara avait fait savoir que les relations bilatérales entre les deux pays pourraient gravement souffrir en cas d'adoption définitive du texte. Ce dernier doit maintenant être soumis au Sénat puis passer en seconde devant l'Assemblée avant d'entrer en application, ce qui est loin d'être acquis. Les sénateurs et Jacques Chirac y sont en effet opposés.
Paris minimise
Première conséquence de la décision des militaires turques : aucune visite de haut niveau n'a lieu entre les deux pays depuis le mois dernier. Le général n'a néanmoins pas indiqué si cette "suspension" impliquait la mise à l'écart des entreprises françaises lors des appels d'offre militaires - le marché turque est très juteux.
Cette décision concerne uniquement les liens strictement bilatéraux. La Turquie poursuit ainsi une "coopération mutuellement bénéfique" avec les militaires français dans des opérations internationales, que ce soit au sein de l'Union européenne que les Turcs tentent de rejoindre, de l'Otan (Afghanistan) ou de l'Onu (Congo, Liban). De son côté, la France minimise la décision turque. Le Quai d'Orsay fait remarquer n'avoir eu "aucune communication officielle à ce sujet de la part des autorités turques", tandis que le ministère de la Défense souligne qu'il ne s'agit pas "d'une déclaration des autorités politiques turques", mais seulement d'un général.
8 milliards d'échanges
Au plan strictement commercial, aucune mesure de rétorsion directe n'a cependant été adoptée et les appels au boycott des produits français lancés par des organisations de consommateurs ont rapidement disparu de l'ordre du jour en Turquie. Ankara souhaite aussi ne pas créer un nouveau différend dans ses difficiles négociations d'adhésion à l'Union européenne, menacées de suspension à cause du dossier chypriote, en engageant une bataille commerciale avec un grand pays de l'Union.
Mais il est fort possible que les Turcs déclarent purement et simplement les sociétés françaises inaptes à participer ou remporter les appels d'offres publics. Parmi eux figure l'achat de 52 hélicoptères militaires et civils pour un montant de plusieurs centaines de millions d'euros. Le français Eurocopter est en lice mais ses chances sont désormais plus que minces. La Turquie est un partenaire commercial privilégie de la France : les échanges se sont chiffrés en 2005 à 8,2 milliards d'euros.
D'après agence
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