Génocide armémien : la riposte de la Turquie

le 16 novembre 2006 à 10h58 , mis à jour le 16 novembre 2006 à 16h27

En réplique au vote par l'Assemblée nationale de la loi réprimant la négation du génocide arménien par la Turquie, Ankara a suspendu ses relations militaires avec Paris.

Carte de la Turquie, LCI-TF1Carte de la Turquie © LCI

Le général Ilker Basbug, numéro deux de l'armée turque, a annoncé que la Turquie avait décidé de geler ses relations militaires avec la France. Il s'agit d'une mesure de protestation contre la loi votée en octobre dernier par les députés français qui prévoit de pénaliser la négation du caractère génocidaire des massacres d'Arméniens en Turquie entre 1915 et 1917.

Au moment du vote, Ankara avait fait savoir que les relations bilatérales entre les deux pays pourraient gravement souffrir en cas d'adoption définitive du texte. Ce dernier doit maintenant être soumis au Sénat puis passer en seconde devant l'Assemblée avant d'entrer en application, ce qui est loin d'être acquis. Les sénateurs et Jacques Chirac y sont en effet opposés.

Paris minimise

Première conséquence de la décision des militaires turques : aucune visite de haut niveau n'a lieu entre les deux pays depuis le mois dernier. Le général n'a néanmoins pas indiqué si cette "suspension" impliquait la mise à l'écart des entreprises françaises lors des appels d'offre militaires - le marché turque est très juteux.

Cette décision concerne uniquement les liens strictement bilatéraux. La Turquie poursuit ainsi une "coopération mutuellement bénéfique" avec les militaires français dans des opérations internationales, que ce soit au sein de l'Union européenne que les Turcs tentent de rejoindre, de l'Otan (Afghanistan) ou de l'Onu (Congo, Liban). De son côté, la France minimise la décision turque. Le Quai d'Orsay fait remarquer n'avoir eu "aucune  communication officielle à ce sujet de la part des autorités turques", tandis que le ministère de la Défense souligne qu'il ne s'agit pas "d'une déclaration des autorités politiques turques", mais seulement d'un général.

 8 milliards d'échanges

Au plan strictement commercial, aucune mesure de rétorsion directe n'a cependant été adoptée et les appels au boycott des produits français lancés par des organisations de consommateurs ont rapidement disparu de l'ordre du jour en Turquie. Ankara souhaite aussi ne pas créer un nouveau différend dans ses difficiles négociations d'adhésion à l'Union européenne, menacées de suspension à cause du dossier chypriote, en engageant une bataille commerciale avec un grand pays de l'Union.

Mais il est fort possible que les Turcs déclarent purement et simplement les sociétés françaises inaptes à participer ou remporter les appels d'offres publics. Parmi eux figure l'achat de 52 hélicoptères militaires et civils pour un montant de plusieurs centaines de millions d'euros. Le français Eurocopter est en lice mais ses chances sont désormais plus que minces. La Turquie est un partenaire commercial privilégie de la France : les échanges se sont chiffrés en 2005 à 8,2 milliards d'euros.

D'après agence

le 16 novembre 2006 à 10:58
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6 Commentaires

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  • Bazin, le 16/11/2006 à 13h41

    Je pensait que la Turquie avait une place évidente dans l'Europe, bien des fois j'ai défendu ce pays. Historiquement la Turquie a déjà fait la preuve de son intégration vis à vis de l'Europe.Aujoud'hui je crois qu'elle n'est pas du tout prête ce n'est pas 10 ans mais au moins 20 à 30 ans qu'il lui faudra. Je reconnais que le vote de l'assemblée Nationale est une erreur historique et une provocation par rapport au peuple même Turc.La France avait déjà reconnu ce Génocide. Nous avons fait déjà une erreur en intégrant la Pologne car si on y regarde de plus prêt beaucoup de points communs apparaissent entre ces deux pays. Le poids de la religion, l'influence américaine, un pouvoir tenu par des nationalistes purs et durs, une jeunesse laissée pour compte, un fossé gandissant entre les villes et les campagnes, des regions dévastées économiquement etc..... mais il faut absolument lui donner sa chance

  • Baal, le 16/11/2006 à 13h26

    Faut croire qu'il n'y a que la france pour faire son mea culpa. Est ce de la grandeur d'esprit d'admettre son passé ou de la betise de tendre le baton pour se faire battre ? Et à savoir si la france avait besoin de légiferer ... Quand la pratique ne suffit pas la loi est peut etre un moindre mal.

  • Eric, le 16/11/2006 à 13h12

    1) Arrêter de se mêler des affaires des autres en créant une victimisation de toutes les horreurs du 20e siècle (et on n'est pas rendu hélas :p) 2) La Turquie ne veut pas céder aux éxigences de l'UE, et bien, c'est comme pour rejoindre un club branché, on n'entre pas avec des baskets et rien ne les oblige à entrer justement. 3) Arrêter de rameuter le monde entier dans une pseudo Europe qui à ce rythme intégrera bien le Japon un jour...

  • Anouar, le 16/11/2006 à 12h29

    Imaginons une seconde que l'Egypte, leader incontesté et moteur du panarabisme, vote un loi condamnant officiellement la France pour les exactions commises de 1954 à 1962. Tout journaliste ou même historien contestant cette "vérité d'Etat" serait passible de prison ferme. Cette loi est absolument consternante et ce pour deux raisons : - En rédigeant une loi condamnant le négationnisme, on établit une Vérité d'Etat. Ce n'est pas tant le contenu de la loi qui est condamnable mais bien le fait même de s'adonner à cette pratique digne de la propagande des années 30. L'Histoire avec un grand H doit rester l'affaire exclusive des historiens, au risque d'entraver gravement la démocratie. De plus, cette loi s'inscrit dans le continuum de la loi Taubira. Où allons-nous donc ? C'est une dynamique perilleuse et qui mènera la liberté d'expression vers sa faillite certaine. -Par quelle légitimité la France s'arroge-t-elle le droit de s'immiscer dans une affaire qui ne la concerne aucunement. Commençons d'abord par clarifier notre devoir de mémoir avant d'aller légiférer sur celui d'un pays tiers.

  • Cedric, le 16/11/2006 à 12h24

    Pourquoi la France doit-elle choisir le bloquer l'histoire et le travail des historiens sur le genocide Armenien. C'est un probleme entre la Turqui et l'Armenie. Rien a voir avec la France. Que les historiens puissent faire leurs travails et les Francais se taisent et ecoutent un peu. Et si la Turquie condamnait les exactions du gouvernement de Vichy, des massacres en Algerie, en Indochine? Et si on revenait encore plus en arriere: de Napoleon? Que les politiques restent a leur place! Ils ont bien d'autres choses a faire. L'Holocauste est un genocide dans lequelle la France a une part de responsabilite, elle a le droit de faire une loi sur le sujet. Mais pas sur le genocide Armenien qui laisse encore beaucoup de zones d'ombre.

  • Ismail, le 16/11/2006 à 12h12

    Il est donc clair que le chauvinisme et l?arrogance d?une minorité de represantant Français inconscient de la sensibilité, particulierement dans ce cas présent, ont un coût. Une minorité de parlementaire irresponsable,-penseant en terme de voix éphémère, fait déshonneur aux traditions de libertées ,- un des piliers de l?âme Française et la philosophie des Lumières. Quand ont connaît l?Histoire et le rôle de la France particulièrement à ce Sujet,- cette attitude révisionniste de Traité négocier dans le passé ( Traité de Lausanne signè le 24 Juillet1923 entre la Turquie d'une part et notamment de la France d?autre part ) après la 1ère. Guerre Mondiale est non seulement inamical, mais plus encore: On essayent de re-écrire l?Histoire sans prendre en appréciation sont propre rôle dans cette crise précise. A-t-on oublier que s?étaient les Français qui ont apporter leurs soutient aux séparatiste Armeniens (arme, uniforme, entraînement etc..) dans l?empire Ottoman pour avoir une 5ème. Colonne dans la Société Ottomanne pour réaliser l?objectif : La Victoire de la 1ère. Guerre Mondiale ! Ce sont notamment les Français qui ont promis aux Armeniens des Territoire de l?empire Ottomanne. Bien-sûr ,-des promesse non tenues après la création de la Republique de Turquie.(Accord de Lausanne). Que veut on accomplir ? Re-négocier un Traité pour solder un serment vis-à-vis des Armeniens aux préjudice de la Turquie ? Si l?on veut ceci, on va devoire aussi reparler du rôle de la France dans ces événements ! Est-ce ceci qu?ont veut ? Regagner le passé pour créer des tensions et saboter d?une part l?adhesion de la Turquie à l?Union Européenne et d?autre part satisfaire l?appetit de Neo-nationaliste Armeniens ( Franco-Armeniens ayant la nationalité française et ainsi le droit de vote?. ) avec des revendications territioriale complétement utopique vis-a-vis de la Turquie. Que veut-on accomplir ?

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