© AFP/Cesar RangelLa polémique gagne les Bleus visés par les propos mardi du président de la région du Languedoc-Roussillon sur le trop grand nombre de "blacks" chez les Bleus. Après la condamnation unanime des politiques (même Jacques chirac a rappelé Georges Frêche à l'ordre), Lilian Thuram, défenseur de l'Equipe de France de football, a estimé vendredi que qu'il fallait "comprendre pourquoi il y a tant de Noirs" dans l'équipe au lieu de "confronter Noirs et Blancs" comme l'a fait selon lui Georges Frêche, "ce qui est malsain".
Frêche dérape puis se dit victime d'une "chasse à l'homme"
"Voter pour ce mec me poserait un problème, il a une tronche pas catholique", déclare dans L'Express le président sortant du Conseil régional du Languedoc-Roussillon Georges Frêche à l'adresse de Laurent Fabius, d'origine juive.
Publié le 28/01/2010
"Ce discours raciste est extrêmement dangereux, surtout dans une situation sociale où les gens sont étouffés économiquement, avec une grande précarité", a-t-il ajouté. "Les choses vont crescendo : on parle de MM. Finkielkraut, Sarkozy, Le Pen, Villiers... Bientôt, ce discours sera légitime", a-t-il mis en garde, tout en souhaitant s'adresser "aux gens qui se posent la question". "La 2e chose importante, c'est le message envoyé à la population noire, avec la valorisation sociale par le sport : inconsciemment, on prédestine ces gens à aller dans ce domaine", a-t-il ajouté.
"Tout sauf raciste"
Peu avant, Florent Malouda, également membres de l'Equipe de France, avait été le premier footballeur à réagir. Il a estimé que les propos de Georges Frêche étaient "dangereux", dans un entretien diffusé sur RTL vendredi. "J'ai entendu qu'il ne regrettait pas ses propos, qu'il les assume, c'est donc qu'il a réfléchi à ce qu'il disait et à la portée de ce qu'il a dit : donc c'est dangereux", a expliqué le milieu offensif de l'OL.
Tout en condamnant les propos "inacceptables" de Frêche, le Premier secrétaire de la fédération socialiste de l'Hérault, Robert Navarro, a affirmé vendredi ne pas être favorable à son exclusion du PS estimant qu'il est "tout sauf raciste". "Je lui demanderai de s'excuser et de les retirer (ndlr : les propos)" mais "je ne serai pas de ceux qui participent à la curée", a déclaré M. Navarro soulignant qu'en Languedoc-Roussillon, "personne n'a demandé l'exclusion" du PS du président du conseil régional du Languedoc-Roussillon.
Hollande saisit la commission
Face au tollé auprès des politiques dont beaucoup réclament l'expulsion du PS de Georges Frêche, le Premier secrétaire du PS, François Hollande, a pour sa part indiqué vendredi sur France-Inter qu'il allait saisir la commission des conflits du Parti socialiste. "Je ne sais pas dans quelles circonstances ces paroles ont été prononcées. En tout cas, elles ont choqué : on ne conçoit pas la composition d'une équipe de France en fonction des couleurs de peau mais simplement des talents", a-t-il déclaré. SOS Racisme a rendu publique dans la soirée une lettre adressée à François Hollande pour lui demander d'"exclure définitivement Georges Frêche".
Composée de 23 membres, cette commission est présidée par l'ex-président de l'Assemblée nationale Louis Mermaz. Saisie déjà à la suite des déclarations de Georges Frêche sur les harkis, elle avait décidé en mai de son exclusion de deux ans de la direction du parti. Le 30 novembre, Georges Frêche doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour ses propos sur les harkis. Lors d'une cérémonie le 11 février 2006 à Montpellier, il avait traité de "sous-hommes" des harkis qui avaient participé le matin même à une manifestation de l'UMP.
Lire aussi les réactions de Jamel Debouzze et de Nicolas Sarkozy.
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