© AFP/B.TessierDepuis ce matin, le site de Ségolène Royal affiche la couleur : "Participez à la campagne de 2007". La rose socialiste est accolée au slogan. En effet, Ségolène Royal est désormais la candidate du PS à la présidentielle. La présidente de Poitou-Charentes a obtenu 60,62% des suffrages. Elle a laissé sur place ses deux rivaux, le tenant de l'aile social-démocrate Dominique Strauss-Kahn (20,83%) et celui de la gauche du parti Laurent Fabius (18,54%).
Avant sa première déclaration officielle prévue vers 13h dans son fief de Melle (Deux-Sèvres), Ségolène Royal s'est réjouie dès jeudi soir de "cet élan". "Je vis intensément ce moment de bonheur", a-t-elle lancé, toute de blanc vêtue. "L'heure est au rassemblement", a insisté celle qui devient la première femme en France à avoir une réelle chance d'accéder à la présidence de la République, en mai 2007.
DSK veut "compter demain"
Les résultats connus, les appels au rassemblement derrière la candidate se sont multipliés. Ceux que la députée des Deux-Sèvres appelait ses "compétiteurs" se sont dits prêts au rassemblement derrière elle. Dominique Strauss-Kahn, battu dans son fief du Val-d'Oise, a affirmé dès vendredi matin que "tout le monde sera derrière elle (...) contre la droite". "Elle a gagné, elle a bien gagné", a-t-il reconnu tout en estimant avoir lui-même "constitué une force dans le PS, avec laquelle il faudra compter demain".
"Les militants ont tranché, je salue Ségolène Royal et la félicite pour son succès. Il lui revient d'assurer le rassemblement de tous les socialistes. J'y suis évidemment prêt", a dit Laurent Fabius, dans une déclaration lue à l'Assemblée en milieu de matinée. Bertrand Delanoë, un proche de Lionel Jospin a estimé que le score de la gagnante constituait "une source de légitimité et de force". François Hollande, patron du parti et compagnon de la candidate victorieuse, a joué l'apaisement après des semaines de débats parfois âpres: "ce sont tous les socialistes qui ont gagné". "Aujourd'hui nous sommes ensemble unis, mobilisés parce qu'une autre étape s'ouvre, c'est celle de la dynamique de victoire que nous devons engager dans le pays", a-t-il insisté.
Appui massif des nouveaux adhérents
Alors que les sondages des derniers mois la donnant victorieuse n'étaient effectués qu'auprès des sympathisants socialistes, les militants ont confirmé cette tendance, grâce semble-t-il à l'appui massif des 70.000 nouveaux adhérents. Les propositions parfois iconoclastes (jurys populaires, encadrement militaire des jeunes délinquants...) qui lui avaient valu d'être taxée de populisme par ses concurrents et les médias, ne lui ont nullement fait obstacle.
Tout en se gardant de dévoiler ses sentiments personnels après la victoire de sa compagne, François Hollande a estimé qu'elle devait "garder son identité, son originalité" qui en font, selon lui, la représentante du "socialisme d'aujourd'hui". Au vu des résultats, Ségolène Royal a surclassé ses concurrents presque partout, même si la fédération de Paris, la première de France, lui a apporté un soutien mesuré, avec un peu plus de 47% des voix. Seul bémol dans le concert de louanges au PS : le fabiusien Jean-Luc Melenchon a exprimé sa "consternation". A la LCR, Olivier Besancenot a parlé de "gueule de bois à gauche".
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