Ségolène Royal lors de la fête de la Rose à Quimperlé, le 10 septembre 2006 © TF1/LCISégolène Royal a choisi le chaudron du Proche-Orient - Liban, Israël, territoires palestiniens - pour son premier voyage à l'étranger depuis son investiture par le PS pour l'Elysée, alors que ses détracteurs lui reprochent son manque d'expérience internationale. Elle commence ainsi "par le plus difficile", estimait mercredi Julien Dray, "coordinateur" des porte-parole de la candidate socialiste. "Elle veut montrer qu'elle s'attaque aux problèmes, qu'elle n'est pas là simplement pour les apparences, pour les apparats, et que sa présidence sera efficace et utile pour nos concitoyens et pour la paix dans le monde".
Ségolène Royal est attendue jeudi à Beyrouth. "Elle rendra visite à la Finul vendredi, et rencontrera le même jour la famille Gemayel", a indiqué son attachée de presse. La France est, avec 1.650 Casques bleus, le premier contributeur de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban), chargée de consolider la trêve à la frontière libano-israélienne, après les combats cet été entre Israël et le Hezbollah chiite libanais. Pierre Gemayel, fils de l'ancien président libanais Amine Gemayel et ministre de l'Industrie, anti-syrien, a été assassiné la semaine dernière.
Peaufiner sa stature internationale
Après une escale samedi en Jordanie, Mme Royal se rendra en Israël et dans les Territoires palestiniens, pour un programme de 48 heures qui n'est pas encore définitivement arrêté, mais comprendra un entretien avec le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, a précisé l'attachée de presse. Les relations entre Israël et la France traversent une phase de frictions en raison notamment des survols du sud Liban par l'aviation israélienne, source de tensions avec le contingent français de la Finul.
Ce voyage devrait permettre à Ségolène Royal, première femme à avoir une chance réelle d'accéder à l'Elysée, de peaufiner sa stature internationale, alors que selon Julien Dray les invitations à l'étranger affluent depuis sa désignation. La candidate prévoit de se rendre dans les principales capitales européennes et a également été invitée au congrès du parti démocrate américain, qui se tient mi-décembre. Mme Royal, qui avait jugé il y a quelques mois "prématurée" une invitation de la sénatrice Hillary Clinton, possible candidate à l'investiture démocrate, a estimé mardi qu'un tel déplacement "aurait du sens politique".
Selon les sondages, la candidate socialiste souffre d'un déficit de crédibilité sur les questions internationales, notamment face à son grand rival à droite. Le ministre de l'Intérieur est ainsi jugé le plus capable de faire face à une crise internationale par 58% des sondés, contre 26% pour la candidate socialiste, et le mieux à même de représenter la France à l'étranger (46% contre 39%), selon une enquête BVA parue la semaine dernière dans l'Express. De récentes déclarations de Ségolène Royal sur l'Iran et l'Irak avaient semé le trouble, jusque dans son propre camp.
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