Image d'archives © TF1-LCIAlors que même Jacques Chirac officiellement l'a "condamné avec la plus grande fermeté", le président socialiste de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, a refusé jeudi soir de s'excuser après ses propos sur le trop grand nombre de "blacks" dans l'équipe de France de football révélés jeudi matin par le quotidien Midi Libre (lire notre article, avec les propos in extenso). Il a estimé qu'ils avaient été mal interprétés. "Il ne s'agit pas du tout de s'excuser, comme la dernière fois sur les harkis. Là, il s'agit d'interprétations (de mes propos) qui sont totalement étrangères à leur signification exacte et à l'évidence (des propos) mal exprimés", a déclaré M. Frêche lors d'une conférence de presse.
"J'ai voulu dire qu'il n'y avait plus assez de blancs" dans le onze de France, que "j'aimerais voir une équipe qui représente la composition sociologique de la France, que dans le foot, il y ait une meilleure représentation géographique", a-t-il ajouté avant de déclarer regretter "que ceux qui ont la chance d'appartenir à des catégories sociales plus privilégiées n'aient pas le même appétit de victoire". "C'est ce que j'ai voulu dire", a-t-il dit.
Soutenue par Frêche, Royal condamne
Cette justification ne devrait pas calmer les élus PS qui ont multiplié jeudi les condamnations, en cette journée de vote des militants pour les Primaires. Laurent Fabius a même demandé à ses deux concurrents, Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn, de "condamner immédiatement et sans réserve" ce nouveau dérapage de Georges Frêche, qui n'est "pas digne d'appartenir au PS". Ségolène Royal l'a fait jeudi soir, dénonçant des mots "insupportables". D'abord proche de Dominique Strauss-Kahn, Georges Frêche a ensuite apporté son soutien à Ségolène Royal, qui lui a rendu visite à Montpellier il y a huit jours. Laurent Fabius a d'ailleurs fait part en début de semaine de ses "doutes" sur la "sincérité" des votes de certains militants, faisant allusion à la fédération de l'Hérault de Georges Frêche.
D'autres responsables du parti ont demandé l'exclusion du PS du président du Languedoc-Roussillon si ces propos étaient confirmés. Sans aller aussi loin, le numéro 1 socialiste, François Hollande, a condamné "de la manière plus ferme qui soit" en lui demandant "de s'en expliquer immédiatement". Parmi les réactions, Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, a estimé que ce nouveau dérapage traduit "une conversion indigne à l'idéologie et à la rhétorique de l'extrême-droite" et a demandé, s'il a été dit, l'exclusion du PS du président de la région Languedoc-Roussillon. Le président pro-Royal du groupe socialiste à l'Assemblée, Jean-Marc Ayrault, a estimé que ces propos étaient "indignes d'un socialiste". Plusieurs responsables socialistes ont estimé que M. Frêche "n'avait plus rien à faire au PS", tels les députés européens Benoît Hamon, Harlem Désir, Adeline Hazan, et le Mouvement des jeunes socialistes.
L'UMP s'est à son tour déclarée "profondément scandalisée" par les propos de l'élu socialiste. Selon l'UDF François Bayrou, ce "serait la moindre des choses" qu'il soit exclu du PS. Et le président du Front national, Jean-Marie Le Pen, s'est amusé "saillies pittoresques" de Georges Frêche. "Il m'a semblé que sa déclaration était du racisme anti-blanc", a-t-il déclaré, affirmant que M. Frêche était un "socialiste farfelu".
Le 30 novembre, Georges Frêche doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour ses propos sur les harkis. Lors d'une cérémonie le 11 février 2006 à Montpellier, il avait traité de "sous-hommes" des harkis qui avaient participé le matin même à une manifestation de l'UMP.
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