Capture d'écran de la vidéo sur le site Daily Motion © DREdition spéciale 1er tour
Dès jeudi soir 22h, suivez en direct sur LCI et LCI.fr la soirée des primaires au PS. La rédaction vous propose résultats, analyses et réactions des hommes politiques mais aussi des militants socialistes.
"Il est temps que la campagne se termine". Lundi matin, sur France Inter, Ségolène Royal l'a dit clairement, à quatre jours du vote des militants PS, et de miser sur son élection dès le premier tour pour éviter un "éclatement" du PS et un rassemblement de tous pour affronter la droite. Les couteaux sont en effet tirés depuis la diffusion en fin de semaine dernière sur le net d'une vidéo pirate où elle s'exprime sur le temps de travail des enseignants. La présidente de Poitou-Charentes a répliqué dimanche sur LCI : "Je ne veux pas descendre à ce niveau du débat". Elle a parlé d'"atteintes aux règles de l'honneur et de l'honnêteté" à propos de cette vidéo, affirmant que l'identité de celui qui a fait circuler la vidéo n'est "pas son problème". Ségolène Royal et ses trois porte-parole ont préféré évoquer le fond du débat, "l'engagement sans faille" de présidentiable pour l'Education nationale.
Y aura-t-il des suites à cette affaire ? Lundi matin, François Hollande a promis sur Canal + de régler cette "question" après le vote. Au PS, "personne n'accepte que des procédés comme cela soient utilisés", a souligné le compagnon de Ségolène Royal. Selon lui, cette diffusion mérite "une sanction morale" qui "se traduira dans le vote". "Je veux dire à tous ceux qui sont attachés au débat au sein du parti socialiste qu'il s'agit d'un dérapage et qu'il ne faut pas en faire plus que cela", a également affirmé le numéro un du PS lors d'un point-presse dans la Drôme. "Je ferai en sorte, après le vote, de connaître toute la vérité", a-t-il ajouté, soulignant que la réponse à ce type de procédé ne pouvait qu'être "dans la participation (au vote de) jeudi".
"Condamnable d'attaquer sans preuves"
De son côté, Dominique Strauss-Kahn a démenti lundi toute implication. L'ancien ministre de l'Economie, qui avait évité le sujet lors de son dernier meeting de campagne en Ile-de-France dimanche soir, a jugé sur France 2 "tout à fait condamnable d'avoir diffusé cette vidéo". "Mais c'est tout aussi condamnable d'accuser sans preuve les uns ou les autres de l'avoir fait" (....) J'ai bien vu qu'on accusait certains de mes amis sans aucune preuve", a-t-il expliqué.
Le premier secrétaire fédéral du Maine-et-Loire, Serge Bardy, où s'est déroulée la rencontre entre Ségolène Royal et les militants en janvier dernier, accuse les Strauss-Kahniens d'être à l'origine de la diffusion de la première vidéo sur internet. Dans le Parisien de dimanche, il affirmait avoir "communiqué le nom d'une personne à François Hollande".
"Détestable"
Le sénateur PS Daniel Raoul (strauss-kahnien) a reconnu lundi avoir demandé une copie de la réunion d'Angers mais démenti être à l'origine du "montage tronqué" diffusé sur l'internet. "Je suis en train de servir de bouc-émissaire à des règlements de comptes" au PS, a-t-il ajouté sur France Inter. Le sénateur du Maine-et-Loire "a condamné fermement cette méthode, qui me paraît ignoble, de diffuser un document tronqué d'une réunion de travail informelle, qui s'est tenue à l'intérieur d'une fédération". Daniel Raoul a indiqué "il y a huit jours avoir demandé la version de ce qui s'était dit à Angers, par curiosité". "J'ai demandé à l'auteur de l'enregistrement une copie. Je ne sais pas qui a fait ce montage tronqué", a-t-il affirmé.
Pour le troisième candidat à la candidature, Laurent Fabius, "la méthode n'est certainement pas bonne et même détestable" mais il a voulu avant tout répondre sur le fond. L'ancien Premier ministre s'oppose en effet à "toute une série de propositions que Ségolène Royal a faites sur l'école". Sur RTL, il a dénoncé lundi matin ses idées de placer un deuxième adulte dans les salles de classe chargé de la discipline, de supprimer la carte scolaire ou encore l'idée que ce sont "les directeurs d'école qui recrutent les enseignants comme sur un marché".
Le Snes inondé de mails d'enseignants en colère |
"Beaucoup d'enseignants se sentent méprisés, atteints dans leur honneur professionnel. Tous refusent d'être traités en boucs émissaires de l'échec scolaire contre lequel ils se battent jour après jour", ajoute le Snes. Il suggère que "des mesures complémentaires pourraient être prévues, notamment dans le cadre d'études surveillées (..). Cela supposerait que l'on revienne sur les suppressions de dizaines de milliers de postes d'étudiants-surveillants et d'aides-éducateurs".
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