Ségolène Royal à Béthune, le 11 novembre 2006 © TF1/LCISégolène Royal s'explique. Samedi à Béthune, la présidentiable PS a dénoncé "un procès d'intention" à son encontre, après la diffusion sur le Web d'une vidéo de ses propos sur les 35 heures et les professeurs de collèges. "Il y a effectivement une déformation de mes propos, un procès d'intention d'autant plus insupportable pour moi que, ministre de l'Enseignement scolaire, je me suis battue contre le ministre des Finances de l'époque pour qu'on rouvre des classes en milieu rural, mette en place des infirmières scolaires, soutienne des ZEP".
"J'ai mis en place des heures de soutien scolaire en 6e et 5e, parfois au-delà des 35 heures et qui étaient rémunérées", a-t-elle fait valoir. Entre 1997 et 2000, Ségolène Royal a été ministre de l'Enseignement scolaire du gouvernement Jospin. Dominique Strauss-Kahn en était le ministre de l'Economie et des Finances.
Ne pas "prendre des coups"
La présidente de la région Poitou-Charentes était à Béthune à l'invitation de son maire, Jacques Mellick. "Ce procès d'intention est particulièrement injuste, mais je fais confiance à l'intelligence des militants socialistes qui ont bien vu ce qui était recherché derrière ce dernier", a ajouté Ségolène Royal, tandis qu'une voix dans la salle, reprise par une partie du public, criait "coup bas".
La vidéo, diffusée depuis jeudi sur Internet, à une semaine de la primaire socialiste, montre une séquence extraite d'une table ronde de Ségolène Royal avec des militants à Angers le 21 janvier 2006. La candidate à l'investiture PS y expose une proposition qu'elle juge "révolutionnaire" : exiger des professeurs une présence de 35 heures dans les collèges pour combiner cours et soutien scolaire gratuit. Toutefois, elle déclare ne pas vouloir "encore la crier sur les toits" pour ne pas "prendre des coups".
"Coup bas"
Le secrétaire fédéral du Parti socialiste du Maine-et-Loire, Serge Bardy, a affirmé samedi dans un communiqué et sur son blog que les images ont été demandées par "un élu angevin proche de DSK". Les trois porte-parole de Ségolène Royal ont également qualifié la diffusion de cette séquence de "méthode inqualifiable" et de "coup bas". "On ne fait pas un débat public avec des vidéos piratées", a réagi pour sa part François Hollande sur Europe 1.
Julien Dray, porte-parole du Parti socialiste, affirme dans le Parisien/Aujourd'hui en France daté de dimanche que la diffusion de cette vidéo est "une manoeuvre stupide de dernière minute" qui "n'aura d'ailleurs aucun effet sur le vote des militants socialistes". Il dit avoir "une idée précise des auteurs de ce coup". "Mais, souligne-t-il, je ne suis pas là pour désigner à la vindicte populaire tel ou tel militant socialiste".
D'après agence
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