© AFP/G.BoissyCoup de théâtre en Polynésie française : le président socialiste Oscar Temaru a été renversé mercredi par une motion de censure déposée par l'opposition autonomiste réunie autour du sénateur UMP Gaston Flosse, ancien président de Polynésie.
Les 29 représentants (députés) de la plateforme autonomiste présents dans l'Assemblée de Polynésie, soit exactement la majorité requise sur 57 représentants, ont voté le texte. Le vote s'est déroulé en l'absence des députés du parti de Temaru et des membres de son gouvernement, qui avaient décidé de boycotter la séance. L'élection du nouveau président a été fixée au 21 décembre.
Il s'agit de la troisième motion de censure déposée contre Temaru depuis son arrivée il y a deux ans à la tête de l'archipel français du Pacifique Sud. Oscar Temaru bénéficiait d'une majorité étroite à l'Assemblée de Polynésie, mais celle-ci s'est effilochée au fil des mois. Tant et si bien que sur les 57 représentants (députés) de l'Assemblée, 29, soit la majorité absolue, ont fini par se retrouver du côté de la plateforme autonomiste pilotée par le Tahoeraa Huiraatira, le parti de Gaston Flosse. Ce dernier, président de Polynésie pendant près de 20 ans, avait dû céder la place à son opposant de toujours en juin 2004.
"Attentat contre la démocratie"
Selon le texte de cette motion, les institutions polynésiennes ont été "maîtrisées" au profit d'une minorité indépendantiste et "d'un discours toujours plus radical, discriminatoire, parfois xénophobe et raciste". "Qu'ils votent cette motion s'ils le souhaitent", avait déclaré, avant l'ouverture de la séance, le président Temaru. "Nous savons tous qui est à l'origine de cette manoeuvre politique : des hommes corrompus et sans honneur qui sont prêts à tout pour récupérer le pouvoir et protéger leurs intérêts", avait-il ajouté.
La proposition faite mardi par le président de l'Assemblée, Philip Schyle, leader du parti autonomiste Fetia Api (2 élus), d'obtenir la démission d'Oscar Temaru et de retourner aux urnes, n'avait recueilli que peu d'échos. "Notre président est légitime", avait commenté Antony Geros, représentant UPLD, "et il n'y a aucune raison qu'il démissionne". Tout en prévenant qu'il allait voter la motion de censure, Philip Schyle avait averti que cela ne résoudrait pas "le problème d'instabilité du gouvernement", car la nouvelle majorité serait aussi fragile que l'ancienne.
Le Parti socialiste avait qualifié mercredi d'"attentat contre la démocratie" la motion de censure déposée contre le gouvernement Temaru, estimant qu'elle visait à "spolier les Polynésiens de leur choix" et risquait de "conduire cette collectivité à l'instabilité politique et à des conflits".
D'après agence
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