© AFPInterrogé mercredi par France 2 sur les raisons qui pourraient l'empêcher de "franchir le Rubicon" ce jeudi matin à Saint-Denis, où il doit faire son annonce officielle, José Bové a répondu en souriant : "Me casser la figure dans le métro". C'est dire si son entrée dans la bataille présidentielle tient de l'annonce purement formelle.
Le leader altermondialiste a choisi la Bourse du travail pour annoncer sa candidature, faite au nom de "la France invisible", explique-t-il dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France. La Bourse du travail est d'ailleurs un lieu symbolique choisi pour montrer que les préoccupations des Français en matière de chômage et d'exclusion sont aussi les siennes, tout autant que les questions d'ordre écologique. Et dans l'hebdomadaire Politis, l'homme à la moustache et à la pipe a déjà commencé à détailler les thèmes phare de la campagne qu'il engagera par un premier meeting le 7 février à Aubagne : le "vivre ensemble", l'écologie et bien sûr l'antilibéralisme.
Dans un scénario à rebondissements, le militant anti-OGM s'était d'abord porté candidat à l'investiture des antilibéraux, puis s'était retiré fin novembre devant l'absence de consensus sur une candidature unique. Il avait finalement annoncé le 21 janvier dernier à Montreuil qu'il pourrait se présenter à l'élection s'il était en mesure de créer une "dynamique" autour de sa personne.
Une candidature qui divise la gauche et les Français
La perspective de l'entrée en lice de José Bové ne suscite pas un enthousiasme débordant chez les Français. Un sondage CSA pour Le Parisien et iTélé paru le 30 janvier révélait que moins d'un tiers des électeurs approuvaient la candidature du leader paysan. Et selon les dernières enquêtes parues, les intentions de vote en sa faveur ne dépassent pas 2% ou 3%.
A gauche, cependant, cette candidature en effraie plus d'un. Chez les Verts, Yves Cochet assure que "face au danger Sarkozy, la candidature Bové contribuerait un peu plus à l'émiettement de la gauche". Du côté du Parti communiste, on dénonce "la candidature de trop". Même son de cloche à la LCR où l'on prend très au sérieux les conséquences d'un vote Bové sur le score de Olivier Besancenot. Seule Arlette Laguiller, qui s'est toujours tenue à l'écart des tractations antilibérales, ne voit pas d'inconvénient à sa candidature. "Tous ceux qui ont des idées à présenter doivent pouvoir le faire. De quel droit ma candidature serait justifiée et pas celle des autres ?", lance-t-elle.
L'entrée en lice de José Bové relève néanmoins de la gageure. En moins de deux mois, le militant anti-OGM aura-t-il le temps de trouver les 500 parrainages nécessaires à sa candidature ? Pour le moment, il revendique environ 200 signatures. Réponse définitive à la question le 16 mars prochain.
José Bové sera jeudi soir l'invité du journal de 20 heures sur TF1.
Avec agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




