Ségolène Royal à la Cité interdite à Pékin, le 7 janvier 2007 © TF1/LCISégolène Royal continue sa visite en Chine. Dimanche, au deuxième jour de son voyage, la candidate socialiste à la présidentielle, invitée par le Parti communiste chinois (PCC), a alterné entretiens officiels et rencontres avec des acteurs de la société civile. Elle a ainsi pris au mot les autorités chinoises qui se réclament d'une "société harmonieuse" en les invitant en termes choisis à passer aux actes dans la défense des "droits humains".
Devant les journalistes, la candidate s'est attachée à ne pas heurter ses interlocuteurs en choisissant soigneusement ses mots. "Si on veut un développement harmonieux de la planète et qu'il n'y ait pas de concurrence destructrice des emplois, y compris en France, il faut que les règles sociales et de respect de l'environnement, dans lesquelles des pays comme la Chine se sont engagés formellement, soient effectivement appliquées", a déclaré Ségolène Royal. Elle a salué la "prise de conscience" de Pékin dans ces domaines, après deux tables rondes, l'une avec des militants de la lutte anti-pollution, l'autre avec le Club des femmes migrantes.
"Valeurs fondamentales"
Selon la responsable française, "la question des droits humains ne doit pas être déconnectée des autres problèmes, il faut lier le développement économique, la protection de l'environnement et le développement des droits sociaux".
A propos des libertés individuelles, Ségolène Royal a dit avoir "bon espoir que (la Chine) fasse des efforts pour que les conventions internationales soient effectivement appliquées". Elle a rappelé que Pékin avait "signé" le pacte des droits civils et politiques, que la Chine n'a toujours pas ratifié.
Ségolène Royal, qui entend "nouer des liens avec la Chine sans en rabattre sur les valeurs fondamentales", a demandé à pouvoir rencontrer des défenseurs de journalistes et avocats emprisonnés. "Ces professions, qui participent à la défense des droits, doivent être protégés", a-t-elle affirmé.
Attitude "soumise"
Patrick Devedjian, conseiller de Nicolas Sarkozy, s'est moqué dimanche du déplacement de Ségolène Royal en Chine. "Je n'ai jamais vu autant de journalistes pour accompagner quelqu'un qui part en vacances", a ironisé le député des Hauts-de-Seine sur Radio-J. "J'ai vu Ségolène Royal sur la muraille de Chine, je l'ai vu à la Cité interdite, je l'attends au Palais d'été, je lui recommande le Temple du ciel", a-t-il raillé.
"J'aurais souhaité qu'elle rencontre M. Hu Jintao (le président chinois). Pour mon pays et pour l'image de mon pays, je trouve que le bilan de ce voyage pour quelqu'un qui représente quand même la possibilité d'être président de la République (...), un voyage si discret et si peu politique, même s'il est médiatique, c'est plutôt une humiliation pour nous", a-t-il ajouté. "Dans la solitude, elle fait preuve de beaucoup de bravitude", a conclu Patrick Devedjian, reprenant le néologisme utilisé par la candidate PS lors de sa visite sur la muraille de Chine.
François Bayrou a également reproché à Ségolène Royal son "attitude soumise" en Chine. "J'aurais aimé qu'elle évoque sur place la question des droits de l'homme. Mais elle l'a fait avec tant de périphrases et de délicatesses que c'était fait pour que nul ne s'en trouve troublé", a dit le président de l'UDF lors du Grand rendez-vous Europe 1/TV5 monde/Le Parisien-Aujourd'hui en France.
D'après agence
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