Expulsion des SDF © TF1-LCIC'était une revendication de nombreuses associations humanitaires. Elles ont donc réagi au lendemain de l'annonce de Jacques Chirac dimanche soir. Celui-ci a demandé au gouvernement de prendre rapidement des mesures pour permettre l'instauration d'un droit au logement opposable, c'est-à-dire qu'il devienne une obligation comme le droit à la scolarité.
Le Secours catholique s'est félicité lundi de cette prise de position du président de la République. L'association estime qu'il s'agit d'une mesure "indispensable". "Il s'agit là d'une déclaration d'intention positive", estime l'association. Insuffisant tout de même l'association Droit au logement qui réclame du concret avant les échéances électorales estimant que "Chirac engageait son successeur sur la question", et pour Martin Hirsch qui se félicite aussi de la décision. Selon le président d'Emmaüs France, "il ne suffit pas de le proclamer pour le faire". Il faut, selon lui, d'abord "privilégier les logements très sociaux et privilégier la solidarité entre les villes pauvres et les villes riches" et "accepter qu'il y ait des gens de milieux défavorisés à côté des quartiers plus aisés".
Pas pour tout de suite
Pour le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Patrick Doutreligne : la prise de position de Jacques Chirac est "positive, mais il faut attendre, pour que cela ne soit pas juste un slogan". Selon lui, la France ne verra se concrétiser ce droit que dans "cinq ans" minimum. Un avis partagé par Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social : "tout est à construire, le niveau décisionnaire, les sanctions que l'on risque et qui les risque". D'où la prudence des associations. Un nouveau rapport de Xavier Emmanuelli, président du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées, sur ce dossier, commandé par le gouvernement, est d'ailleurs attendu mi-janvier et selon Le Monde (de mardi), un projet de loi est déjà à l'étude.
Les Enfants de Don Quichotte ont pour leur part jugé la promesse de Jacques Chirac "insuffisante", soulignant qu'elle ne concernait qu'un point de leur charte qui exige en outre des structures d'hébergement d'urgence ouvertes toute l'année, 24 heures sur 24, et des offres immédiates de logements temporaires. Ils ont étendu leur action parisienne à d'aurtes grandes villes de province. Dernière en date : Toulouse. En revanche, ils ont annoncé lundi avoir cessé leur "mouvement citoyen" à Orléans estimant que leurs "objectifs ont été atteints".
Des militants de 3 associations luttant pour le droit au logement et une centaine de sans-logis ont investi une succursale de banque à Paris, vide depuis 3 ans, et baptisé les locaux le "ministère de la Crise du logement" (lire notre article).
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