Avant l'arrivée de Dominique de Villepin vers 11 heures, Nicolas Sarkozy s'adresse aux militants : "Nous sommes une grande famille (...) Le sectarisme, c'est pour les autres", exhorte-t-il. © TF1/LCIDe l'extérieur, le congrès de l'UMP dimanche au parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, c'était d'abord des cars. Des dizaines de cars, garés, mal garés et affublés de photos du héros du jour, Nicolas Sarkozy. Des dizaines de cars qui ont draîné des milliers de militants venus des quatre coins de France pour adouber leur candidat à l'Elysée. C'était aussi beaucoup de CRS, une petite manifestation impromptue et quasi inaperçue pour la régularisation des sans-papiers. Et un grand ciel bleu ensoleillé.
A l'intérieur, c'était l'union pour un seul homme dans un show résolument tricolore. Dans ce hall 1 qui héberge chaque année le Salon de l'Agriculture, tout n'était que bleu, blanc et rouge. A commencer par la scène où se sont succédés les supporters de Nicolas Sarkozy : Fillon, Raffarin, Alliot-Marie... Ils furent 25, un rythme d'enfer mais pas de quoi effrayer les militants, 100.000 selon Alain Juppé.
"C'est tout ce qu'il nous faut"
Son étendard, Michèle l'a brandi plus de quatre heures durant, l'agitant à chaque fin de discours. Cette militante de 55 ans a les accents des fidèles de la première heure, de ceux qui évoquent avec ardeur les grands moments du parti de droite. "En 1976, c'est de cet endroit que le président Jacques Chirac a lancé le RPR. C'est aussi là qu'il a présenté son programme présidentiel en 1995", rappelle-t-elle, les yeux rivés sur un des écrans qui retransmet les discours.
Côté ambiance, deux camps. Chez les plus jeunes, un entrain digne d'un stade de foot, la bière en moins. Quelques "Zizou !" insolites fusent même ça et là, entre deux "Sarko président", plus classiques. Les tee-shirts avec slogans semblaient eux aussi l'apanage des plus jeunes. Et de rivaliser de soutien : du classique "Avec Nicolas Sarkozy, tout est possible" au "J'aime Chirac, je vote Sarko", des militants corréziens. Du côté des 23 000 chaises bleues, l'attention est franchement plus sage, presque studieuse. A la question "Pourquoi êtes vous là ?", un jeune part dans un éclat de rire et répond sans craindre la démesure : "C'est simple, c'est Sarko ou le chaos. Il veut en finir avec l'assistanat et motiver les troupes. Il nous redonne le goût d'entreprendre. C'est tout ce qu'il nous faut".
Le "petit Français au sang-mêlé"
Vers 14 h, le chiffre tant attendu tombe après un décompte digne d'un nouvel An. Nicolas Sarkozy est désigné candidat UMP à la présidentielle de 2007 avec 98,1% des suffrages exprimés des adhérents du mouvement, selon le score donné par le parti. Des hourras emplissent le hall, des drapeaux émergent de la foule, et les larmes coulent des yeux. Il apparaît : ovationné, acclamé, applaudi. C'est la consécration pour Nicolas Sarkozy. Costume noir, chemise blanche, il irradie et illumine les visages. Une femme d'une soixantaine d'années alterne applaudissements et mouchoirs. "C'est grandiose, historique, magnifique", dit-elle la voix tremblotante. Plus un militant pour s'exprimer, tous écoutent avec une attention visible le discours de Nicolas Sarkozy, ce "petit Français au sang-mêlé", comme il se définit. Les bras croisés, la mine concentrée, ils acquiescent avec un hochement de tête à chaque phrase.
A la fin, les militants sont ravis. "Sarkozy, il donne envie d'aller avec lui, résume Christian, 40 ans. J'ai trouvé son discours plein de vérité, plein de sincérité. Je voyage beaucoup pour mon travail et je m'aperçois que le monde change, sauf la France. Je pense qu'il est la seule personne qui pourra la faire évoluer." Autre génération, autres mots mais même enthousiasme pour Jean-Guillaume, 18 ans : "Sarkozy est le seul qui a les moyens de donner cette espérance aux Français, il a du peps, c'est vraiment un monument." Tout acquis à Sarkozy, les militants rivalisent d'hyperboles pour qualifier son discours : "excellent, magnifiques, mobilisateur, émouvant." N'en jetez plus... Décidément, pas de critiques à faire au candidat ? Pas vraiment. Armance, 21 ans, lui reprocherait "d'être parfois un peu démagogue surtout avec les fonctionnaires". Kédy lui conseillerait "de remplir ses engagements économiques et sociaux et d'arrêter sa parano sécuritaire." Jean-Guillaume, enfin, apprécierait peut être "un peu plus de rondeurs dans ce qu'il dit"
Retour MYTF1

Chargement en cours...




