Ségolène Royal face à la presse © TF1/LCILes propos qui font polémique au Canada ont été rapportés par la presse québécoise. A l'issue d'une rencontre, lundi à Paris, avec André Boisclair, chef du Parti québécois - une formation indépendantiste - Ségolène Royal s'est déclarée, à demi-mot, favorable à la souveraineté du Québec. La candidate socialiste à la présidence a indiqué, selon Radio-Canada, que sa position "reflétait des valeurs communes, soit la liberté et la souveraineté du Québec".
La déclaration a fait les titres des journaux télévisés au Québec, où le Parti québécois prévoit d'organiser un nouveau référendum sur l'indépendance de la province francophone s'il revient au pouvoir lors des élections prévues d'ici 2008. Le Québec a déjà tenu deux référendums sur sa souveraineté en 1980 et 1995, ne rejetant que d'un cheveu la séparation d'avec le Canada la seconde fois. Interrogée mardi matin sur Europe 1, la candidate socialiste a tenté de se justifier : "Je n'ai fait preuve ni d'ingérence, ni d'indifférence. Comme dans toute démocratie, le peuple souverain est libre (...) Les Québécois se sont déjà prononcés, peut-être le feront-ils encore". Et à la question : "diriez-vous : Vive le Québec libre", à l'instar de Charles de Gaulle, elle a simplement indiqué : "je ne le dirais pas comme ça".
"On ne souhaite pas le démantèlement d'un pays ami"
Reste que les propos de Ségolène Royal provoquent déjà les commentaires acerbes à droite : Michèle Alliot-Marie l'a jugée mardi "extrêmement légère sur des sujets graves et sensibles" comme les questions internationales. Christiane Taubira a volé à son secours, assurant qu'elle "ne voit pas quel problème il y a à exprimer de la sympathie pour un mouvement". Mais au Canada, où la question est plus que sensible, c'est une tempête. Depuis le célèbre "Vive le Québec libre" du général de Gaulle en 1967, la France entretient des relations étroites avec le Québec, tout en évitant de se prononcer sur l'épineuse question de son éventuelle indépendance. Sa politique vis-à-vis de la province francophone est marquée par la formule "ni ingérence, ni indifférence", façon de marquer son attachement au Québec tout en ménageant Ottawa.
"L'expérience enseigne qu'il est tout à fait inapproprié pour un leader étranger de se mêler des affaires démocratiques d'un autre pays", a réagi lundi soir dans un communiqué le Premier ministre canadien Stephen Harper. Les propos de Ségolène Royal ont aussi été dénoncés par le nouveau chef du parti libéral fédéral Stéphane Dion, ardent défenseur du fédéralisme canadien. "On ne s'ingère pas dans les affaires d'un pays ami, on ne souhaite pas le démantèlement d'un pays ami", a-t-il dit. Quant au Premier ministre du Québec, Jean Charest, il a dit ne pas avoir pris connaissance des propos de la candidate socialiste à la présidence française, relevant que ce sont les Québécois qui décidéront eux-mêmes de leur avenir. Il a également noté qu'à sa connaissance Ségolène Royal n'était jamais venue au Québec.
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D'après agence
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