Royal déclare vouloir un Québec libre (23 janvier 2007) © LF1-LCILes propos de Ségolène Royal ont remué le Canada et agité le monde politique français. Le gouvernement d'Ottawa et des responsables de l'UMP ont dénoncé mardi les propos de la candidate PS à la présidentielle, tenus lors de sa rencontre la veille à Paris avec le dirigeant du Parti Québécois (séparatiste) André Boisclair. Ségolène Royal, qui a dit partager avec son interlocuteur des valeurs communes, "c'est-à-dire la souveraineté et la liberté" du Québec, s'est défendue mardi de toute "ingérence" dans les affaires internes canadiennes.
"L'histoire nous montre qu'il est plus que déplacé qu'un dirigeant étranger intervienne dans les procédures démocratiques 'un autre pays", s'est agacé Stephen Harper, le Premier ministre canadien dans un communiqué.
"Costume de Gaston Lagaffe"
Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a volé au secours de sa compagne, réfutant toute "gaffe" de la candidate socialiste. "Il y a simplement ce qu'est la position traditionnelle des socialistes : pas d'indifférence à l'égard de ce qui se passe au Québec (...) mais pas d'ingérence à l'égard d'un Etat souverain qui doit décider de son avenir", a-t-il déclaré à la presse.
Le leader canadien André Boisclair devait être reçu mardi en fin d'après-midi par le ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy et mercredi par Nicolas Sarkozy. Avant cette rencontre, les propos de Ségolène Royal ont largement été épinglés par l'entourage du candidat de l'UMP. "Après l'Iran, Israël, le Liban et la Chine, Mme Royal emprunte une nouvelle fois le costume de Gaston Lagaffe pour évoquer la politique intérieure du Canada", a déclaré Christian Estrosi, ministre délégué à l'Aménagement du territoire.
"Valeurs qui nous sont communes"
Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée, a estimé que plusieurs interventions de Ségolène Royal "laissent pour le moins interrogatifs sur ce que la candidate socialiste réserve aux Français". "Le Québec c'est pas tant la question. Ce sont les bourdes successives de la candidate du parti socialiste à chaque déplacement", a ironisé François Sauvadet, porte-parole du groupe UDF à l'Assemblée.
Ségolène Royal a répliqué que les "affinités" qu'on lui reproche d'avoir évoqué sont "conformes aux valeurs qui nous sont communes c'est-à-dire la liberté et la souveraineté du Québec". "Je pense que d'abord le rayonnement du Québec et la place qu'il occupe dans le coeur des Français jouent dans ce sens", a-t-elle dit.
D'après agence
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