Ségolène Royal lors d'une réunion publique près de Pointe-à-Pitre le 27 janvier 2007 © TF1/LCISégolène Royal a demandé à ses partisans de l'aider à "se soustraire à la médiocrité du débat politique" de la campagne présidentielle, lors d'une réunion publique en plein air samedi soir aux Abymes, près de Pointe-à-Pitre. La députée des Deux-Sèvres a une nouvelle fois honoré "les militants anticolonialistes". Elle s'est placée dans la continuité de Gerty Archimède, première femme élue députée de Guadeloupe en 1946, dont elle avait fleuri la stèle un peu plus tôt. "Mon pire ennemi, disait-elle, c'est la médiocrité", a-t-elle déclaré. "Aujourd'hui, aidez-moi à me soustraire à la médiocrité du débat politique. Restons vaillants, élevons le débat", a lancé la candidate.
La candidate socialiste a dit son assurance de répondre aux préoccupations des Français. "J'ai la profonde certitude que je parle juste et que demain j'agirai juste pour redresser la France qui mérite mieux que ce qu'elle a", a-t-elle affirmé. Elle a dénoncé "cette lecture falsifiée de notre histoire dont une certaine droite s'est faite une spécialité" et "la confusion insupportable des valeurs" dans le camp d'en face, consistant à dire que "les croisades et Valmy ça se valait, (que) le Moyen Age et la Révolution française, c'était à peu près la même France". Le propos faisait directement écho au discours de lancement de campagne de Nicolas Sarkozy, le 14 janvier porte de Versailles.
"Ne vous abstenez pas!"
La candidate a assuré que si elle était élue le 6 mai, elle rendrait "obligatoire" l'inscription aux programmes scolaires du discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire. Ségolène Royal s'est refusée à se prononcer sur d'éventuelles évolutions du statut de l'île, estimant que "ce n'est pas de Paris qu'on doit gouverner la Guadeloupe".
Sans prononcer le mot de discrimination positive, elle a demandé aux employeurs en Guadeloupe "d'orienter le recrutement d'abord vers l'emploi local", c'est-à-dire les Antillais, et s'est engagée à instaurer "une partie de préférence régionale dans les concours". "Cela me semble tout à fait moral et acceptable", a-t-elle dit. Enfin, comme avant elle le président PS de Guadeloupe Victorin Lurel, elle a pressé les Guadeloupéens d'aller nombreux aux urnes pour la présidentielle, contrairement à 2002. "Ne vous abstenez pas!", leur a-t-elle dit. "Moin sé en fanm doubout! Nou kay cassè ça !", a-t-elle lancé en créole à la foule sous les applaudissements. Traduction : "Je suis une femme debout! On va tout casser !"
(D'après agence)
BHL n'a "jamais vu de campagne aussi médiocre" |
La campagne présidentielle inspire au philosophe Bernard-Henri Lévy "un sentiment d'abattement" dû au fait que "de toute (sa) vie" il n'a "jamais vu campagne aussi médiocre". Dans un entretien paru dimanche dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, il déclare que cette élection sera "le moment de vérité" car on verra si "le prochain président aura la force et la grâce de faire les réformes qui s'imposent". Après avoir rappelé qu'il a été "parmi les premiers à saluer le surgissement" de Ségolène Royal, il constate avec amertume que "six mois après, et avec la meilleure des bonnes volontés il est difficile de ne pas se poser des questions: Que veut-elle ? Quel est son projet ?" Interrogé sur l'avenir de Ségolène Royal d'ici l'élection présidentielle, il estime que "c'est une candidate tellement atypique que tout peut arriver. Un redressement spectaculaire (...) ou bien un extinction soudaine des lumières autour d'elle et en elle qui la ferait plonger". Dans cette perspective catastrophique pour le parti socialiste BHL affirme savoir que "certains au PS (...) imaginent (...) une sorte d'appels de grands élus exhortant la candidate à se sacrifier sur l'autel d'un congrès extraordinaire qui désignerait...François Hollande ! Peut-être..." |
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