
Alors que Jacques Chirac entend inscrire l'abolition de la peine de mort dans la Constitution, les candidats Royal et Sarkozy ont réagi à l'exécution samedi de l'ancien président irakien. "J'aurais aimé saluer dans le procès de Saddam Hussein une étape marquante de la démocratisation de l'Irak. La condamnation à la peine capitale et l'exécution du condamné m'en empêchent. Je suis opposé à la peine de mort. C'est pour moi une question de principe." Nicolas Sarkozy estime, dans une tribune au Monde (de mercredi), que l'exécution samedi de l'ex-Raïs est "une faute" au nom de son opposition à la peine de mort.
Il regrette aussi que "le dictateur qui avait plus de sang sur les mains que quiconque au monde n'ait pas eu à comparaître pour ses autres crimes"."Il est difficile de réconcilier les différentes composantes d'un peuple au sortir d'une dictature. Mais cette tâche me paraît d'autant plus malaisée lorsque la lumière n'est pas faite sur le passé. L'exécution de Saddam Hussein, le pire des hommes, est une faute", explique le ministre de l'Intérieur. Le président de l'UMP et candidat à l'élection présidentielle "souhaite ardemment la stabilisation de l'Irak. Mais, pour moi, la stabilisation en profondeur de cette région passe par la promotion des valeurs démocratiques. (...) Et je considère comme une étape indispensable du processus de démocratisation de l'Irak l'abolition de la peine de mort".
Royal : un "sentiment de dégoût"
Dimanche, Ségolène Royal avait elle aussi réagi à l'exécution de Saddam expliquant au Journal du Dimanche que cette nouvelle avait provoqué en elle "un sentiment indéfinissable de dégoût". "Je suis opposée à la peine de mort, fusse pour un dictateur abominable", déclare la candidate socialiste à la présidentielle.
Ségolène Royal se demande en outre "quel retentissement profond vont avoir sur une partie de la population irakienne les images de cette exécution diffusées dans le monde entier", en soulignant que "c'est ajouter l'humiliation à la honte". "Il ne faudrait pas que la manipulation de ces images finisse par créer un sentiment de solidarité avec un dictateur dont les actes sont définitivement indéfendables", estime-t-elle.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




