Sarkozy : "la gauche a oublié les ouvriers"

Par D.H. (avec agence), le 25 janvier 2007 à 22h19 , mis à jour le 25 janvier 2007 à 22h26

Après une visite d'usine dans l'Aisne, où il a ironisé sur la "dame" Royal, le candidat de l'UMP s'est fait le défenseur des travailleurs.

TF1-LCI : Nicolas SArkozy, lors d'un meeting à Saint-Quentin (Aisne) le 25 janvier 2007Nicolas SArkozy, lors d'un meeting à Saint-Quentin (Aisne) le 25 janvier 2007 © TF1-LCI

En pleine polémique sur la "notice" sur le conseiller de Ségolène Royal, Bruno Rebelle, des Renseignements généraux (lire notre article), Nicolas Sarkozy a multiplié jeudi les assauts contre la gauche. Lors d'un meeting devant quelque 4000 personnes à Saint-Quentin, dans l'Aisne, le président de l'UMP s'est présenté en défenseur des ouvriers qu'il "entend et comprend", tandis qu'ils ont été "trop longtemps oubliés par la gauche".

"C'est pour cela que beaucoup sont partis vers le FN", a-t-il expliqué auparavant, lors d'une visite de l'usine Le Creuset à Saint-Quentin, fabricant numéro un mondial d'ustensiles de cuisine en fonte émaillée, oùune partie des ouvriers sont repassés aux 40 heures avec augmentation de salaire, pour faire face aux commandes. "Il y a une réalité ouvrière. Je veux une France où il y a des ouvriers et des paysans. C'est une mémoire de la civilisation. C'est pour ça que dans tous mes déplacements je veux aller dans des usines", a-t-il poursuivi.

"La dame" n'est pas venue

"Vous devriez vous réjouir qu'un candidat de droite ou du centre parle aux ouvriers. Si ‘la dame' (ndlr, Ségolène Royal) veut venir ici, elle peut venir, surtout une semaine après moi, c'est la preuve qu'on n'a pas les mêmes priorités", a commenté le candidat UMP. Nicolas Sarkozy a aussi accusé la gauche de "communautarisme historique", quand elle lui reproche de citer Jaurès et Blum.

Accompagné par son porte-parole Xavier Bertrand, ministre de la Santé et élu de Saint-Quentin, Nicolas Sarkozy a repris l'un des slogans de sa campagne : "Travailler plus pour gagner plus". "A leur manière les travailleurs sont des résistants. Des résistants contre la disparition d'un type de civilisation et d'un type d'homme qui respectent le travail comme une condition de liberté", a-t-il dit en début de soirée lors du meeting. "Je propose que l'augmentation du pouvoir d'achat soit la priorité de la politique économique, après 25 ans de sacrifices et de stagnation", a ajouté le candidat de l'UMP, en affirmant que "les 35 heures étaient un désastre social".

Hollande rétorque

"M. Hollande, que je n'ai pas souvent entendu citer Jaurès, a dit : ‘c'est une captation d'héritage'. Je ne l'ai jamais entendu défendre avec autant d'énergie la propriété des droits de succession" a-t-il ironisé. "Les principes de la politique que je souhaite n'expriment rien d'autre que les valeurs éternelles de la France : la liberté, la responsabilité, l'ordre et le progrès", a affirmé Nicolas Sarkozy, reprenant avec ces deux derniers termes la devise nationale du Brésil.

De son côté, François Hollande, invité jeudi soir sur France 2, a affirmé qu'il était "au service" de Ségolène Royal et accusé à son tour : "quand la campagne tombe à un niveau qui est celui que Nicolas Sarkozy a voulu, je pense qu'il faut rehausser ce niveau". François Fillon, invité en face du n°1 du PS, a répondu en qualifiant la polémique autour de cette affaire de "rideau de fumée". "Il y a des fiches sur ces responsables depuis toujours (...) Tout cela n'a rien à voir avec la campagne de Mme Royal", a-t-il assuré.

Bayrou épingle l'expression "ceux qui se lèvent le matin"

Le candidat UDF a épinglé jeudi soir, sans le nommer, Nicolas Sarkozy, qui parle souvent de "ceux qui se lèvent le matin" pour aller chercher du travail, lors d'une réunion publique à Orléans. "La frontière entre réussir et décrocher est une frontière ténue", a déclaré François Bayrou, déclenchant les applaudissements des quelque 500 militants et sympathisants réunis au Parc des Expositions. "Je vous remercie d'applaudir cela, parce que j'entends tellement dans certains meetings dire qu'il y a ‘ceux qui se lèvent le matin et ceux qui ne se lèvent pas le matin', et qu''il il y en a marre que ceux qui se lèvent le matin paient pour ceux qui ne se lèvent pas le matin'", s'est exclamé M. Bayrou.

Par D.H. (avec agence) le 25 janvier 2007 à 22:19
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25 Commentaires

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  • Olivier, le 26/01/2007 à 11h07

    "Le scoop ! La gauche au gouvernement, c'est le désastre pour les plus faibles et les plus pauvres ! Et c'est évidemment la droite qui est à l'origine des avancées sociales qui ont rendu le monde développé un peu plus vivable depuis le 19e siècle. Et comme disait A. Minc sur France Culture, si Keynes vivait aujourd'hui, il serait ultra libéral ! Les sarkozystes disent vraiment, mais vraiment n'importe quoi, et ils n'ont pas honte. Ce serait risible, si ce n'était pas inquiétant."

  • Thomas, le 26/01/2007 à 10h27

    Mr Hollande , mentez , mentez, il en restera toujours quelque chose, voila une citation qui vous va comme un gant. Le Pc avait son clown en g.Marchais, pourquoi le PS ne vous aurait pas ?

  • Remonte, le 26/01/2007 à 10h24

    J'ai personnellement eu ma carte de CGT dans ma poche de bleus pendant de longues années. J'ai regardé autour de moi, ecouter et enfin compris ce que sont les Socialistes,il y a maintenant longtemps que celle ci a disparu. La gauche a effectivement oublié les ouvriers, plus elle les a même trompés. A souhaiter que ce gouvernement actuel reste en place, les gens doivent ouvrir davantage les yeux.Hier soir aprés avoir entendu sur A vous de juger, j'en avais honte d'entendre le baratin à Hollande. J'invite aussi les éditeurs à ecouter le differé de la séance du Sénat du 25/01/07 en mesurant l'attitude de Jean Luc Melenchon le Gaulois. Honteux de voir de tels réactions.Aprés les mensonges la violence

  • Haron, le 26/01/2007 à 10h22

    Sarkozy a raison. En parlant aux ouvriers, il aurait pu paraphraser un célèbre homme politique: "Vous n'avez pas quitté le parti socialiste, c'est le parti socialiste qui vous a quitté". Cruel pour les socialistes mais tout à fait exact.

  • Bob, le 26/01/2007 à 09h52

    Mouais, par contre Sarko, lui, n'a pas oublié le peloton de tête des assujettis à l'ISF, pour lesquels il a concocté une belle loi qui les sortira de la misère...

  • Xavier, le 26/01/2007 à 09h33

    Juste pour apporter une minuscule précision : "ordre et progrès" (ordem e progresso en portugais) ce n'est pas seulement la devise du Brésil, c'est d'abord la devise d'Auguste Comte, le philosophe positiviste, reprise par les Brésiliens pour la mettre sur leur drapeau. Comme quoi, il y a 150 ans, les Français inspiraient encore le monde...

  • Michel, le 26/01/2007 à 08h59

    Si il y a bien quelqu'un qui devrait se taire... C'est Mr Bayrou; car c'est un opportuniste .....

  • Jean, le 26/01/2007 à 08h14

    Il défend sa compagne Mr Hollande. N'empêche que... c'est mal partie pour le PS, ils sont comme dans des sables mouvents, plus ils bougent plus ils s'enfoncent!

  • Riquelme, le 26/01/2007 à 08h10

    Si Mr Sarkozy n'était pas élu Président, ce qui m' étonnerait fortement, je le verrais bien faire du théatre. Merci

  • Rene, le 26/01/2007 à 07h38

    Sarko n'oublie pas , lui , de s'occuper de ces pauvres sdf qui doivent s'exhiler en Suisse Jusqu'ou ira sa demagogie ?

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