
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont révélé jeudi les grandes lignes de leur programme présidentiel en faveur de la recherche. Devant les élèves des grandes écoles et universités du plateau de Saclay, en région parisienne, le candidat de l'UMP à la présidentielle, a proposé "un effort historique : augmenter d'un quart le financement de la recherche publique, soit quatre milliards d'euros".
Selon lui, il s'agit là "d'une nécessité (sinon) on perdra la bataille de l'intelligence". "Il faut financer des projets plutôt que de financer des infrastructures", a-t-il déclaré, ajoutant : "Tout n'est pas qu'une question de crédits, il y a des problèmes d'organisation". Une phrase qui semble faire écho à la publication lundi dans Le Monde d'un rapport confidentiel de l'inspection générale des Finances et de l'inspection de l'Education nationale selon lequel la recherche publique française peine toujours autant à valoriser ses travaux et fait moins bien en la matière que ses homologues européennes.
"Priorité stratégique"
Hasard du calendrier ? Le magazine La Recherche publie dans son numéro de février une tribune de Ségolène Royal sur le même thème. Si elle est élue, la candidate socialiste propose "d'augmenter de 10% par an la dépense publique consacrée à cette priorité stratégique qu'est la recherche". Elle estime que, "loin de respecter l'engagement européen de Lisbonne d'y consacrer 3% de notre PIB, depuis 2002, notre effort de recherche a carrément baissé". Elle déplore notamment que "nombre de jeunes chercheurs ne trouvent qu'à l'étranger les moyens de travailler qu'on leur refuse ici".
Ségolène Royal veut ainsi "mobiliser les Régions et l'Europe sur cette priorité stratégique" et "inciter par une fiscalité repensée et correctement évaluée la recherche privée à accompagner cet élan". "Une recherche forte a besoin d'universités fortes, à la hauteur des standards internationaux, coopérant en réseaux et offrant aux doctorants un véritable statut", poursuit la candidate. Elle juge par ailleurs indispensable la participation du citoyen au débat scientifique.
Le magazine ouvre chaque mois ses colonnes à un candidat à l'élection présidentielle. Dans le numéro de décembre, Nicolas Sarkozy proposait d'"augmenter de 15 milliards d'euros la dépense totale de recherche-développement (public et privé, ndlr) au cours des six prochaines années, soit un effort financier additionnel de 4 milliards d'euros à l'horizon 2012".
Effort à la baisse
Concernant les propositions de Nicolas Sarkozy, "on est dans la manipulation des mots et des chiffres", déclare à LCI.fr Henri Audier, membre du bureau national du Syndicat national de la recherche scientifique (SNCS) et du collectif Sauvons la recherche. Et de rappeler que l'actuel ministre de l'Intérieur était aux Finances "en 2002-2004, qui ont été des années noires pour la recherche". "Cette année, les laboratoires du CNRS vont avoir une baisse des crédits pouvant aller jusqu'à 20%", annonce le syndicaliste. Et de souligner : "La France est l'un des très rares pays à avoir baissé en volume son effort de recherche depuis 1995".
Les propositions de Ségolène Royal "collent à peu près" mais Henri Audier attend de lire en détail son programme. Il est "nécessaire d'intégrer la politique de recherche à une vision globale de la société", affirme-t-il. Face à ces questions, le collectif Sauvons la recherche interpellera prochainement tous les candidats à la présidentielle. En comptant sur la mobilisation de l'opinion publique sur ce thème stratégique.
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