Dominique de Villepin invité au 20H de TF1 le jeudi 14 décembre 2006 © TF1-LCILa grande majorité des députés UMP n'hésite plus à afficher son exaspération face au cavalier seul de Dominique de Villepin. Des parlementaires ont en effet violemment attaqué le Premier ministre, mardi lors de leur réunion de groupe, l'accusant de diviser le parti en annonçant qu'il ne voterait pas en faveur de Nicolas Sarkozy lors du congrès d'investiture de dimanche prochain. Selon les députés, le ton de la réunion a été d'une violence inégalée depuis 2002, le Premier ministre devant faire face à la colère des élus. "Des parlementaires se sont exprimés sur le caractère insupportable du climat qu'ils vivent au sein de la majorité, notamment à la suite des prises de position de Jean-Louis Debré et de Dominique de Villepin, et ont fait part de cette exaspération, appelant au rassemblement", a rapporté le sarkozyste Dominique Paillé.
"C'est un Premier ministre isolé qui a essayé de s'expliquer, mais sa position est incompréhensible. Il s'est fait tacler", a déclaré Yves Bur, pour qui le "dialogue a été extrêmement brutal et tendu". Le président du groupe, Bernard Accoyer, a tenté de ramener le calme et "a supplié" Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy de "se parler, de se rapprocher", car c'est seulement ainsi "que nous gagnerons". "J'invite le Premier ministre et le président de l'UMP, avec force et conviction, à travailler encore davantage ensemble pour gagner ensemble", a-t-il déclaré sous les applaudissements.
Dominique de Villepin a tenté en vain d'exposer sa position, expliquant, selon des participants, que lors de la campagne présidentielle, ce n'était "pas avec l'unité que l'on pouvait gagner", car il fallait convaincre au-delà de son camp. "La diversité est une chance", a-t-il dit. Ces propos ont provoqué un tollé. "Je n'ai pas la même expérience que vous", a poursuivi le Premier ministre, aussitôt interrompu par des "cela se voit !" de la salle. "On ne peut pas se quitter comme cela aujourd'hui. J'ai besoin de chacun, j'ai besoin de vous", a lancé Nicolas Sarkozy à Dominique de Villepin, avant d'appeler "au rassemblement de tous".
"Il y a des choses qui ne se font pas"
Par ailleurs, autre objet de tensions à droite, le ministère de l'Intérieur a annoncé lundi que la conférence de presse "bilan 2006" que Nicolas Sarkozy, devait tenir le vendredi 12 janvier à 9h30 avait été avancée de 24 heures et se tiendrait le jeudi 11 janvier à 14h30. "Il y a des choses qui ne se font pas", a estimé mardi le président UMP de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, à propos du changement de date de cette conférence de presse qui se déroulera le même jour que les voeux à la presse de Jacques Chirac. "Ce n'est pas mon problème, mais il y a des choses qui se font et il y a des choses qui ne se font pas", a-t-il déclaré en marge de ses voeux à la presse. "Il y a des gens qui s'amusent dans des petites guerres qui sont totalement inutiles", a-t-il ajouté, en appelant à "un peu de dignité, un peu de sérieux" et "la politique française ira mieux".
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