Ségolène Royal à Villepinte le 11 février 2007 © TF1-LCIDimanche, après le discours de Ségolène Royal, les observateurs avaient remarqué une absence de taille dans les "100 propositions" de la candidate : celle du chiffrage du projet et la manière de le financer, notamment par la fiscalité. "Son manque de précision en matière d'économie est la principale faiblesse de son projet. Elle a énoncé beaucoup de propositions qui permettront aux Français d'avoir une meilleure protection sociale. Mais tous ces projets sont coûteux, et on ne voit pas comment elle peut financer son programme" explique par exemple Eric Dupin, journaliste spécialiste de la gauche, interrogé par LCI.fr (cliquez ici pour lire l'interview).
"Des milliards et des milliards"
Sans surprise, la droite s'est immédiatement engouffrée dans la brêche pour critiquer ce "pacte présidentiel". "C'est la litanie des mesures qui coûtent des milliards et des milliards. C'est quelque chose d'absolument incroyable. Cela va faire plaisir à un certain nombre de catégories de Français, sauf qu'ils vont se demander ensuite comment on peut à la fois réduire la dette, réduire le poids de l'Etat qu'elle appelle de ses voeux", assénait Thierry Breton, le ministre de l'Economie, dès dimanche soir. "Quand je vois la liste du projet de Ségolène Royal, moi ministre du Budget, j'ai arrêté d'essayer de chiffrer. Il y en a trop, il y en a tous les étages, je vois bien la difficulté pour elle. Premièrement elle n'a à aucun moment évoqué le chiffrage de son projet (...), mais surtout pas un mot en termes de fiscalité", poursuivait lundi matin Jean-François Copé, en se disant "effaré".
De son côté, Dominique de Villepin s'inquiète des conséquences du projet socialiste sur la dette publique. "La crédibilité retrouvée de notre pays en matière financière, les efforts qui ont été faits par les Français au cours des dernières années nous permettent aujourd'hui d'aborder l'avenir avec optimisme : et tout cela serait remis en cause par un retour à la dépense publique inconsidérée, par un retour à l'absence de responsabilité ?", s'interroge le Premier ministre.
"Pas de compte à rendre à la droite"
La réplique socialiste n'a pas tardé. Elle est tout d'abord venue de Julien Dray. Le porte-parole du PS et de Ségolène Royal note que la gauche n'a "pas de comptes à rendre à la droite, ni de leçons à recevoir" sur le coût de son programme. Ce dernier, "extrêmement précis" sera connu "dans les semaines qui viennent", affirme-t-il, en assurant que "tout ce qui est proposé sera financé sans augmenter les prélèvements obligatoires". Eric Besson, le secrétaire national du PS chargé de l'Economie, ajoute qu'"avec l'hypothèse de croissance retenue de 2,5% en moyenne par an pendant 5 ans, la marge de manoeuvre se situe donc autour de 35 milliards de dépenses nettes". Julien Dray a également renvoyé la balle du chiffrage dans le camp de la droite en se demandant "comment Nicolas Sarkozy finance 68 milliards de baisse des prélèvements obligatoires et comment il finance les 50 milliards de dépenses supplémentaires qu'il a annoncés".
En fait, comme le fait remarquer Eric Dupin, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont au moins un point commun : le flou du financement de leur programme respectif. "Sarkozy multiplie également les promesses et se montre assez peu convaincant sur les ressources à mettre en face des dépenses".
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