Eric Besson, le 21 février 2007 © TF1-LCIBesson : "la campagne de Royal est mal organisée"
C'est le deuxième "effet Besson" : une semaine après avoir démissionné de son poste de secrétaire national du PS, le député PS de la Drôme a annoncé mercredi sa décision de quitter son parti et de renoncer à se représenter aux législatives. Il remet même son vote en question. Lors d'une conférence de presse, il a en effet affirmé qu'il allait "réfléchir" s'il voterait ou non Royal à la présidentielle, "j'ai le temps maintenant". "J'essayerai de continuer de participer au débat national", a-t-il dit.
Dénonçant des "bugs manifestes" dans la campagne de Mme Royal, il a jugé que "l'amateurisme n'était pas de mise", en citant l'exemple de la politique énergétique. "Je n'ai jamais quitté un navire en difficulté. Au demeurant, je ne sais pas si le navire est en difficulté. Il y a des difficultés de campagne, mais l'idée que le navire s'échouerait à la fin ne paraît absolument pas acquise", a-t-il poursuivi. Se reprenant, il a tout de même souligné les qualités de la candidate socialiste, comme la "combativité", et conclu : "Rien ne dit qu'elle n'aura pas les ressources internes pour surmonter les difficultés qu'elle est en train de connaître".
"Le combat politique n'autorise pas tout"
Alors que la première annonce avait fait grand bruit en pleine polémique sur le chiffrage des propositions de Ségolène Royal, Eric Besson s'en est cette fois pris directement à l'entourage de la candidate. Dans un texte remis à la presse avant la conférence, Eric Besson déclare que "sont à l'origine directe" de son départ du PS "ceux qui ont cru devoir toucher" à sa vie privée en évoquant "de prétendues difficultés conjugales et familiales qui pouvaient expliquer (sa) supposée déprime". Il met en cause à ce sujet des membres de l'entourage de la candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal.
"Sans les attaques personnelles dont j'ai été victime de la part de certains de ceux qui jouent un rôle majeur dans cette campagne auprès de la candidate et, en dépit de mon analyse (de la situation au PS, NDLR), je serais revenu. Mais (...) le combat politique n'autorise pas tout, surtout dans son propre parti", écrit le député de la Drôme. Lors d'une conférence de presse, il a ajouté : "J'essayerai de continuer de participer au débat national", déclarant n'avoir pas depuis qu'il a quitté l'équipe Royal "fait d'offre de service et pas reçu de propositions de la part de Nicolas Sarkozy ou François Bayrou" qu'il "respecte l'un et l'autre".
Pour Hollande, l'heure est au rassemblement
Eric Besson avait, le 14 février, justifié sa démission du secrétariat du parti par "des raisons personnelles". Revenant ensuite sur les "raisons exactes" de sa démission de ses fonctions de secrétaire national à l'Economie, il affirme qu'il "n'adhère pas à la façon dont est conduite la campagne de Ségolène Royal". "Je ne veux faire aucun commentaire", a simplement déclaré Ségolène Royal, interrogée sur ce départ mercredi matin sur France Info.
Le Premier secrétaire du PS a pour sa part "regretté" le départ d'Eric Besson, assurant qu'il s'expliquait "essentiellement par des raisons personnelles". Il a également appelé au rassemblement autour de Ségolène Royal. "Maintenant, cet incident amical est clos. Il faut se rassembler" autour de la candidate à la présidentielle, a ainsi déclaré François Hollande. Le numéro un du PS a par ailleurs indiqué qu'Eric Besson avait "toujours sa place dans le mouvement socialiste".
Le coût du programme confirmé à 35 milliards |
Le "coût net" du Pacte présidentiel de Ségolène Royal est de 35 milliards d'euros, selon un document officiel du PS rendu public mercredi. Selon ce rapport, les dépenses en brut sont de 50 milliards d'euros et il y a 15 milliards d'euros d'économies et de redéploiement. Ce montant correspond à celui déjà annoncé par François Hollande le 14 février dernier, en pleine polémique sur le chiffrage des projets. |
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