José Bové annonçant sa candidature à la présidentielle à Saint-Denis (1er février 2007) © TF1/LCIComme prévu, et sans surprise, José Bové s'est officiellement déclaré candidat à l'élection présidentielle ce jeudi lors d'une conférence de presse à la bourse du travail de Saint-Denis. "J'ai décidé d'accepter que mon nom incarne, sur le bulletin de vote, la volonté commune de battre la droite et l'extrême droite et de redonner l'espoir d'une alternative à gauche", a-t-il lancé devant ses partisans et ses soutiens, issus de la gauche anti-libérale et alternative.
Se présentant comme "le porte-voix des sans-voix", il a rappelé que "plusieurs dizaines de milliers de personnes (lui) ont proposé d'être candidat", en allusion à une pétition qui a réuni plus de 30.000 signatures. L'ancien porte-parole de la Confédération paysanne a ajouté qu'il n'était ni "le candidat d'un parti", ni "un professionnel de la politique". "Ma candidature est celle d'un rassemblement de forces et de citoyens issus du mouvement social, du monde syndical, de courants politiques et des associations de l'immigration qui aspirent à l'unité de cette gauche-là", a-t-il souligné, en décrétant "l'insurrection électorale contre le libéralisme économique".
Sarkozy et Royal critiqués
Se basant sur les 125 propositions des collectifs anti-libéraux, il a ensuite décliné les principaux points de son programme. Outre l'instauration d'une VIe République favorisant une "démocratie citoyenne", une large place sera faite à l'écologie, avec en priorité un nouveau modèle de développement basé sur un moratoire sur le nucléaire et les OGM.
José Bové a vivement pris à partie Nicolas Sarkozy, présenté comme "un homme dangereux pour notre pays". Parallèlement, il a déclaré que Ségolène Royal "incarne une gauche qui a renoncé", notamment face au social-libéralisme "qui a conduit toute la gauche au désastre électoral en 2002".
Buffet et Besancenot "victimes" collatérales ?
Sachant que la barrière des 500 signatures pourrait être difficile à franchir -il en aurait pour l'instant une centaine-, il a invité "les élus communistes, écologistes, alternatifs, socialistes anti-libéraux" à lui accorder leurs parrainages. Reste désormais à savoir, s'il obtenait ces précieux sésames, qui il gênerait. "Son potentiel est réel. Son score dépendra de la dynamique de sa campagne. Il peut drainer le 'vote utile' de la mouvance altermondialiste. Voter Bové aurait alors plus de poids que voter pour d'autres représentants anti-libéraux" explique à LCI.fr Bruno Jeanbeart, analyste à l'institut OpinionWay.
Quelles seraient ces "victimes" ? "Tout d'abord, Marie-George Buffet et Olivier Besancenot", souligne Bruno Jeanbart. "Bové offre en effet une solution à ceux qui sont toujours réticents à voter pour le PC en raison de son histoire ou, pour la LCR, en raison de son positionnement à l'extrême-gauche. Face à eux, il apparaît beaucoup moins marqué. Et sa thématique différente, notamment sur les OGM, l'environnement ou la ruralité, lui permet d'élargir sa base électorale. En revanche, Arlette Laguiller sera moins affectée car son électorat, ouvrier et populaire, est différent de celui de Besancenot, urbain et diplômé". Quid de Ségolène Royal ? "Elle peut être évidemment gênée par cette nouvelle candidature sur sa gauche. Si Bové arrive à fédérer la gauche contestataire, il peut apparaître comme un vote refuge au 1er tour", conclut Bruno Jeanbart.
José Bové est jeudi soir l'invité du journal de 20h sur TF1
Condamné mais pas privé de ses droits civiques |
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