Brice Teinturier : "refléter la société française"

le 01 février 2007 à 14h31 , mis à jour le 01 février 2007 à 16h26

Le directeur général adjoint et codirecteur du département Stratégie d'opinions de TNS Sofres, explique la constitution de l'échantillon représentatif des cent personnes présentes sur le plateau.

Sofres Brice Teinturier, directeur général adjoint du département Stratégie d'opinions de TNS SofresBrice Teinturier, directeur général adjoint du département Stratégie d'opinions de TNS Sofres © Sofres

TF1 propose à partir du 5 février quatre grandes soirées politiques au cours desquelles les candidats feront face aux Français. Brice Teinturier, directeur général adjoint et codirecteur du département Stratégie d'opinions - incluant notamment le pôle politique - de TNS Sofres, leader français et deuxième groupe mondial des études marketing et d'opinion, explique la constitution de l'échantillon représentatif des cent personnes, à chaque fois différentes, présentes sur le plateau. Il livre également une première analyse.

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Comment constitue-t-on un échantillon représentatif ?
Brice Teinturier
: Nous par tons tout simplement des données de l'INSEE, permettant de décrire très précisément la population française en termes de sexe, d'âge et de profession. Ces trois indicateurs nous permettent, ensuite, de reproduire sur cent personnes ce que nous devons normalement trouver à l'échelon national. Etablir un échantillon de personnes a l'avantage d'offrir une approche représentative. Dans l'optique d'un recrutement de dix à quinze Français, nous n'avons qu'une approche qualitative. Sur les cent personnes sélectionnées, nous trouverons un quota d'actifs dans lequel figureront des ouvriers, des employés... et d'inactifs constitué de retraités, d'étudiants, de femmes au foyer... Voilà le principe de la méthode.

D'autres éléments viennent-ils s'ajouter aux quotas et indicateurs sociaux-démographiques ?
B.T. : Absolument. Nous devons respecter la diversité géographique. Nous faisons donc en sorte de recruter des personnes un peu partout en France. Nous allons naturellement nous diriger vers l'Île-de-France mais plus encore vers les régions. Nous sélectionnons, en effet, un certain nombre de villes dispersées géographiquement. Dernier critère et pas le moindre, nous souhaitons que tous les courants politiques, puisque nous sommes dans l'optique d'une élection présidentielle, soient représentés. Pour ce faire, nous nous fondons sur un “mix” entre l'élection passée, la préférence partisane et l'intention de vote de chacun. L'essentiel est que toutes les sensibilités politiques soient présentes, dans des proportions qui non seulement ne soient pas aberrantes mais aussi proches de ce que nous observons aujourd'hui.

Cet échantillon reflète-t-il le visage de la France actuelle ?
B.T. : Notre dessein est en tout cas de refléter le mieux possible l'ensemble des composantes de la société française. Naturellement, il y aura toujours un cas particulier sur cent personnes. Notre objectif est de tendre vers la réalité de ce qu'est la diversité de la société française. Quels sont les moyens humains mis au service d'une telle opération ? Concernant la partie qui nous occupe, il nous faut au minimum trois semaines pour concevoir un échantillon. Nous recrutons, au départ, plus de personnes que nécessaire car il faut, ensuite, ajuster nos quotas. Ce recrutement nécessite un travail important et mobilise une quinzaine de personnes.

Selon vous, quel poids les études d'opinion ont-elles dans une campagne présidentielle ?
 
B.T. : Les sondages et les études d'opinion sont d'abord et avant tout des outils de connaissance de l'opinion publique et non des outils de communication. Je les perçois comme des instruments permettant de mieux comprendre les évolutions de l'opinion. Ils ont un intérêt pour les candidats, les commentateurs et les analystes. Cela les aide à comprendre ce qui se passe, pourquoi on observe tout à coup des mouvements d'opinion, pourquoi un candidat ou une candidate monte ou baisse dans les sondages, mesurer quelles sont les attentes des électeurs... Ces dispositifs sont certes imparfaits, mais indispensables à la compréhension de la vie politique française. Ils produisent évidemment des effets. Publier, par exemple, une intention de vote va avoir des répercussions sur le système politique, les candidats et la campagne.

Estimez-vous que les sondages puissent influencer le choix final des électeurs ?
B.T. : Contrairement à une idée largement répandue, je ne pense pas qu'ils influencent les Français. En tout cas, cela demande à être démontré et précisé. En revanche, il est clair qu'ils agissent sur les commentateurs et les acteurs politiques.

Que vous inspire cette future campagne présidentielle ? 
B.T. : Comme toute campagne présidentielle, celle-ci s'annonce passionnante. Tous les ingrédients sont réunis pour que nous assistions à une élection intéressante. Il y a de l'enjeu, de la compétition et de nouveaux candidats. Certains, et pas des moindres, ne se sont jamais présentés à une élection présidentielle auparavant tels Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. C'est également la première élection depuis 1981 qui se déroule sans sortie de cohabitation. Les Français ont eu le sentiment que le débat n'avait pas véritablement eu lieu en 2002. Je crois qu'ils en sont aujourd'hui très avides et que cette campagne les intéresse beaucoup. Parallèlement, la crise de la société française, son scepticisme et son rejet du système politique sont toujours présents.

Propos recueillis par Vanessa Bernard

le 01 février 2007 à 14:31
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