"Chez Royal, deux discours coexistent"

Par Propos recueillis par Marianne COTIS, le 12 février 2007 à 15h47 , mis à jour le 12 février 2007 à 18h46

Interview - Pour Eric Dupin, journaliste spécialiste de la gauche, la candidate PS concilie un ton "droitier" et un discours de gauche plus classique. L'essayiste juge le programme économique de Royal encore flou.

TF1/CLI Eric Dupin, invité de "Question de campagne"Eric Dupin, invité de "Questions de campagne" © TF1/LCI

Eric Dupin est journaliste politique. Ancien éditorialiste à Libération, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont l'essai "A droite toute".

LCI.fr : Le Pacte présidentiel de Ségolène Royal peut-il lui permettre de relancer sa campagne ? 
Eric Dupin : La réponse est oui. Ce discours était fait pour ça. En présentant ses 100 propositions, parfois de manière un peu floue d'ailleurs, elle est susceptible de relancer sa campagne. L'un des reproches qui lui était fait, en partie à raison, était de ne pas annoncer clairement ses idées. C'est désormais chose faite. Et puis surtout, avec ce programme, elle remobilise son camp, ce qui est indispensable dans une campagne électorale. Dans l'ensemble, ce discours devrait lui valoir une meilleure écoute que durant la dernière période.

LCI.fr : Est-ce un programme de gauche ? Si oui de quelle gauche s'agit-il ?
E.D. :
Il y a plusieurs discours dans son discours. Comme s'il y avait différentes couches qui se superposaient. D'un côté, Ségolène Royal a maintenu les propositions qui l'ont fait connaître, les propositions qui faisaient "scandale" dans l'univers socialiste. Dimanche, elle a en effet poursuivi sur un ton "droitier", répondant ainsi à la demande d'ordre qui s'exprime dans la société française. De même, sur certains sujets économiques, elle continue à tenir un discours peu habituel chez les socialistes, comme lorsqu'elle parle de la réconciliation des Français avec l'entreprise, ou encore lorsqu'elle évoque le rôle de l'innovation. A contrario, sur d'autres sujets, elle tient un discours de gauche beaucoup plus classique. Un discours largement inspiré du projet socialiste, dont elle reprend les principaux éléments. Chez Ségolène Royal, il y a ces deux discours qui coexistent.

"Son manque
de précision
en matière
d'économie
est la principale
faiblesse de
son projet."

LCI.fr : Quels sont les marqueurs qui charpentent son discours ? Quelle est la place des débats participatifs, du programme du PS, de ses convictions profondes dans son programme ?
E.D. : Ségolène Royal a employé une phrase très intéressante au tout début de la présentation de son Pacte présidentiel. En parlant des débats participatifs, elle a déclaré : "ce que je savais vous l'avez confirmé". De fait, je ne pense pas que ces débats lui aient permis de dégager des idées nouvelles. Les propositions contenues dans son pacte étaient soit déjà présentes dans le projet socialiste, soit déjà formulées dans ses précédents discours. Quelques propositions, comme la création de plusieurs indices des prix selon le niveau de revenu du foyer, sont issues des débats participatifs. Mais au total, il n'y a que très peu de mesures nées des débats. Je pense que ces rencontres lui ont plutôt permis de mettre en mots son projet, d'acquérir un vocabulaire qui lui permette d'être mieux comprise des Français.

LCI.fr : Selon vous, la candidate socialiste a-t-elle été floue sur le volet économique ? Va-t-elle longtemps pouvoir faire l'impasse sur ces questions ?
E.D. : Son manque de précision en matière d'économie est la principale faiblesse de son projet. Ségolène Royal a énoncé beaucoup de propositions qui permettront aux Français d'avoir une meilleure protection sociale. Mais tous ces projets sont coûteux, et on ne voit pas comment elle peut financer son programme. C'est d'ailleurs l'un de ses points communs avec Nicolas Sarkozy. Lui aussi multiplie les promesses et se montre assez peu convaincant sur les ressources à mettre en face des dépenses. Et puis sur les questions socio-économiques importantes, comme les 35 heures ou le problème des retraites, Ségolène Royal reste très floue. Je pense que le débat qui s'engage maintenant de façon encore plus vive va l'obliger à préciser ses positions.

Anita HausserDiscutez de ce sujet et de la campagne 
lors d'un chat avec Anita Hausser,
chef du service politique de LCI, mardi à 11h
en cliquant ici

Par Propos recueillis par Marianne COTIS le 12 février 2007 à 15:47
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21 Commentaires

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  • MICHEL, le 13/02/2007 à 17h12

    Il y dans son discours des points de société importants et une vue maternelle au bon sens du mot, mais du coté financier cela semble un peu léger, et cela d'autant plus peu croyable avec un conseiller de taille en la personne de DSK. Alors pas mal sur la famille, sur le porte monnaie peut mieux faire et surtout plus crédible

  • Herve, le 12/02/2007 à 22h45

    Ce discours n'a aucune crédibilité, elle n'est pas a sa place , le PS courre a la catastrophe

  • Bert, le 12/02/2007 à 19h26

    Comment va-t-elle financer tout ça ? Les mesures qu'elle propose sont irréalisables et totalement démagogiques. Elle cherche à faire oublier son incompétence par un discours fleuve...mais on ne noit pas le poisson ainsi ! Quelle honte de prendre les Français pour des imbéciles comme elle le fait...Bécassine a encore frappé...

  • Leroy, le 12/02/2007 à 18h58

    Comme toujours les socialistes Français sont partageur pour eux tous seul?

  • Cazpomme, le 12/02/2007 à 18h57

    En effet SR est un peu juste... Proposition 81 : Prendre de l'argent aux chaînes privées pour le donner aux chaînes publiques! Les chaines publiques touchent la redevance + la publicité et elle veut prendre de l'argent à ceux qui par leur bonne gestion ne vivent qu'avec la publicité : quelle exemple de justice!!!

  • Lili01, le 12/02/2007 à 18h48

    Je ne sais toujours pas à quelle sauce , je vais être mangé. Pour l'instant , je n'ai pas trouvé "l'heureux élu" qui me convienne..... il me faut encore attendre pour me prononcer... Et ce n'est pas gagné.

  • Coco, le 12/02/2007 à 18h38

    N.Sarkozy évoque les problèmes de financement clairement ! Il a même eut le courage de déclarer que "les français ne peuvent demander des allocations et parallélement la baisse des impôts"! On reconnait le spécialiste socialiste...

  • Manseau, le 12/02/2007 à 18h32

    Vraiment les socialistes prennent les français pour des lapins de trois semaines.Il n'y a plus de sous dans les caisses et on veut nous faire croire encore aux miracles!!!!!çà ne marche pas Mme royal

  • PATIN Didier, le 12/02/2007 à 18h27

    Mr Sarkozy est un menteur digne de Chirac, ils ne s'aiment pas mais ils ont la même politique. Les Français en ont assez!!!!!!!!!

  • Samuel, le 12/02/2007 à 18h22

    Bonjour,je trouve ces propositions tres interessantes surtout sur la délinquance juvenile et le smic à 1500 euros contrairement à speedy sarkozy c est bien de dire travailler plus mais surtout qu avec 35 heures on a deja du mal a travailler a plein car pas de commande du au delocalisation

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