Jacques Chirac en février 2007 © TF1/LCIIl sera resté longtemps secret sur sa vie privée. Dans "L'inconnu de l'Elysée", de Pierre Péan, Jacques Chirac brise l'armure. Avec simplicité, il raconte, entre autres, "le drame de sa vie", la maladie de sa fille Laurence, atteinte d'anorexie. "Il n'y a aucune raison de le nier, cela a été le drame de ma vie. J'ai une fille qui a été intelligente, jolie, et qui, à 15 ans, a été prise d'anorexie mentale", raconte le chef de l'Etat. "On a essayé, avec des gens très gentils, de l'occuper à un semblant de travail, même non rémunéré... mais il n'y a rien à faire".
Au regard de cette souffrance plus rien n'a de poids. Rien, ni aucune trahison politique. Interrogé là-dessus, il lance : "Je me fous éperdument que Sarkozy ou tel autre... Je me fous de beaucoup de choses... Je tiens à souligner que ma femme a eu ce mérite extraordinaire d'avoir toujours fait en sorte que ce problème (NDLR: la maladie de sa fille) m'affecte le moins possible au fil de mes responsabilités et ambitions successives, et elle continue à tout faire pour l'assumer entièrement". De manière plus légère sur sa vie privée, Jacques Chirac le séducteur, assure qu'il n'a "pas détesté les femmes". "Mais je n'en ai jamais abusé", confie-t-il, estimant exagérés les mots de son épouse Bernadette selon qui, avec lui "les femmes, ça galopait".
Sarkozy, "ses qualités sont grandes"
En pleine campagne présidentielle, le chef de l'Etat, parle aussi de politique et de Nicolas Sarkozy, le candidat de l'UMP, à qui il reconnaît beaucoup de qualités. "C'est un homme actif, intelligent, un homme politique de premier ordre". Il dit aussi: "Je le connais bien, avec, comme tout le monde, ses qualités qui sont grandes, et ses défauts. Il faut aussi que vous compreniez quelque chose : j'ai moi aussi des qualités et des défauts".
Dans cet ouvrage, le président aborde aussi un thème qui lui est cher : la colonisation. Evoquant les Africains, il assure qu'"après leur avoir volé leur culture, on leur a volé leurs ressources, leurs matières premières en se servant de leur main-d'oeuvre locale. On leur a tout piqué et on a répété qu'ils n'étaient bons à rien. Maintenant, c'est la dernière étape : on leur pique leurs intelligences en leur distribuant des bourses, et on persiste à dire de ceux qui restent : 'ces Nègres ne sont décidément bon à rien' ".
"Allergique au Front national"
Jacques Chirac explique pourquoi il a laissé dire pendant des années qu'il était "un analphabète". "Je me disais : au moins on me fout la paix, j'ai mon domaine personnel et ce n'est pas la peine que les journalistes, pour des raisons politiques, viennent mettre leurs grands pieds dans mon jardin privé", explique-t-il.
Lui qui a choisi le même biographe que François Mitterrand ne cache pas son admiration pour l'ancien chef d'Etat, "homme très intelligent et cultivé, pas du tout comme moi !", dit-il. S'il a admiré un homme de gauche, il voue un dégoût prononcé à l'extrême-droite. "J'ai toujours été allergique au Front national, c'est quasiment physique, je ne peux supporter tout ce qui est racisme et xénophobie", dit-il.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




