Ségolène Royal à Clichy, le 27 février 2007 © LCILe symbole est évident. Pour son premier grand déplacement médiatisé en banlieue depuis le début de la campagne, Ségolène Royal a choisi Clichy-sous-Bois. C'est dans cette ville de Seine-St-Denis qu'étaient parties les émeutes urbaines de l'automne 2005, suite à la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, dans un transformateur électrique.
Après un entretien privé avec le maire socialiste de la commune, la candidate socialiste s'est d'ailleurs rendue devant la stèle érigée en mémoire des deux jeunes gens. Accueillie chaleureusement aux cris de "Ségolène présidente" par les habitants du quartier, la candidate socialiste a déclaré : "Vous faites partie intégrante de la nation. Vous n'êtes pas un problème mais une partie de la solution à nos problèmes".
Ségolène Royal a également signé le "contrat social et citoyen" du collectif AC Le Feu, créé après la mort des deux adolescents. Le texte, issu de la consultation de milliers de personnes, a donné lieu à la rédaction de "cahiers de doléances". Il comporte 105 propositions "concrètes" pour les banlieues, notamment en matière d'emploi, d'accès au logement et de services publics. La candidate a cependant laissé de côté une vingtaine de propositions qui lui semblaient "irréalisables" ou dont la rédaction posait problème -après elle, Olivier Besancenot a aussi paraphé le document dans la matinée, les autres candidats étant aussi appelés à le signer avant le premier tour.
Hollande à Argenteuil
Outre ce déplacement de Ségolène Royal à Clichy-sous-Bois, François Hollande tient une réunion publique mardi à Argenteuil. Comme Clichy-sous-Bois, le lieu n'a pas été choisi au hasard : c'est là que Nicolas Sarkozy avait été accueilli sous les huées en octobre 2005 et avait lâché sa fameuse phrase sur les "racailles". Depuis, l'équipe du candidat UMP tente tant bien que mal d'organiser son "retour". Une visite, prévue au début du mois et préparée avec une association de quartier parrainée par l'UMP, a dû être annulée en raison des mauvais retours obtenus sur le terrain.
"Pas un gadget"
Interrogé pour savoir si Ségolène Royal se rendrait en personne à Argenteuil avant le 1er tour, Julien Dray, son porte-parole, a expliqué ne pas être "dans le gadget". "Ce que nous constatons, c'est la difficulté du ministre de l'Intérieur à nouer le dialogue avec les jeunes dans les quartiers. Je ne doute pas, qu'il va finir par trouver le moyen de rencontrer des jeunes (...), ils finiront bien par se retrouver, peut-être dans des conditions discutables, avec un public trié sur le volet (...) ou dans des délais qui sont brefs pour qu'on ne puisse pas poser les questions qui dérangent", estime le député de l'Essonne. "La vérité, c'est que le ministre de l'Intérieur est aujourd'hui en difficulté dans son rapport avec toutes les populations, pas seulement avec les jeunes, dans les quartiers. Cela tient au fait qu'il n'a pas été capable de tenir sa promesse initiale qui visait à restaurer (...) une véritable sécurité de proximité", affirme-t-il.
Sarkozy en Espagne comme ministre et candidat |
Sous sa double casquette de ministre de l'Intérieur et de candidat, Nicolas Sarkozy a effectué mardi un déplacement à Madrid. Après un entretien avec le Premier ministre José Luis Zapatero, il a été reçu par son homologue Afredo Pérez Rubalcaba pour aborder les questions européennes et la coopération policière franco-espagnole contre ETA. Comme candidat UMP, Nicolas Sarkozy a rencontré Mariano Rajoy, le président du Parti populaire, principal parti d'opposition. Dernière étape : une réunion publique avec la communauté française de Madrid, comme il l'avait fait fin janvier à Londres avec les Français expatriés dans la capitale britannique. |
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