Nicolas Sarkozy © TF1/LCIEn diplomatie, la continuité prévaut sur la rupture pour Nicolas Sarkozy. Pendant une heure et demie, il a présenté mercredi à la presse sa vision de la politique internationale, un domaine dans lequel il souhaite un "diagnostic" permettant d'envisager des "changements" mais "sans table rase". Ainsi, il n'a pas manqué de rendre dès le début de son intervention un hommage appuyé à l'action de Jacques Chirac, citant notamment ses décisions concernant l'Irak et les Balkans. Souvent taxé "d'atlantisme", le ministre-candidat a confirmé le réajustement qu'il avait opéré en janvier. "Je veux une France libre, je veux une Europe libre, je demande donc à nos amis américains de nous laisser libres, libres d'être leurs amis", a-t-il dit, en rappelant que "l'amitié, ce n'est pas la soumission".
Nicolas Sarkozy a appelé les Européens à "être plus autonomes dans la protection de leur territoire et de leur population, de même que dans la défense de leurs intérêts fondamentaux sur la scène internationale". En matière de défense, il a qualifié d'"impératif absolu" la dissuasion nucléaire, estimant à 2% du PIB le budget "minimum" en matière de défense. Sans la citer, il a critiqué Ségolène Royal en refusant de demander aux Français de choisir entre "la protection de leurs enfants et leur défense", une référence à la proposition de la candidate de privilégier le budget de l'éducation au dépend de la construction d'un second porte-avions nucléaire.
L'Europe, première urgence
Pour peser davantage dans le monde, le candidat UMP a jugé que "la première urgence de notre politique internationale" devait être de "résoudre la crise institutionnelle européenne" ouverte par les "non" français et néerlandais à la Constitution. Il s'est réaffirmé en faveur d'un nouveau "traité simplifié" pour l'Union européenne, avec une présidence stable du Conseil européen, un ministre européen des Affaires étrangères, ou "l'extension du domaine de la majorité qualifiée".
Se prononçant pour que la diplomatie française prenne largement en compte les droits de l'Homme, en Chine ou en Russie, il a également souhaité un élargissement du Conseil de sécurité de l'ONU, suggérant la création, à titre "transitoire", de "sièges à statut privilégié". Concernant la crise avec Téhéran, il a réaffirmé que "la perspective d'un Iran doté de missiles nucléaires n'était pas acceptable" et que ce pays devrait "choisir entre les sanctions et la coopération avec la communauté internationale". Evoquant la politique africaine de la France, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il s'efforcerait de réduire la présence militaire du pays en Afrique au "strict minimum". La présence de bases militaires françaises en Afrique "est de moins en moins bien comprise par la jeunesse africaine", a-t-il expliqué.
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