François Fillon invité du Grand Jury le 4 février 2007 © TF1-LCIInvité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, François Fillon fait dimanche soir la leçon au PS et à François Bayrou. Mais avant cela, interrogé sur les intentions du chef de l'Etat, le conseiller politique de Nicolas Sarkozy a estimé : "s'il (Jacques Chirac) avait voulu se représenter, il l'aurait déjà fait savoir d'une manière ou d'une autre à sa famille politique afin qu'elle intègre cette donnée dans sa stratégie. ça n'a pas été le cas". "C'est mon sentiment et c'est ce que je souhaite : qu'il ne se présente pas". Selon lui, "ce n'est pas lui qui peut aborder ce tournant (politique) au mieux". Ce que l'UMP "souhaite, c'est son soutien à Sarkozy. Son soutien aurait beaucoup de force".
François Fillon en est ensuite venu au Parti solcialiste. Selon lui, s'il y a "un vide, comblé par une série de rumeurs, de mensonges, de rideaux de fumée" dans la campagne électorale, "c'est que le PS n'a pas assez travaillé". Précision : "ce n'est pas Ségolène Royal qui est en cause. C'est le PS qui n'a pas fait l'effort de modernisation de sa pensée".
"L'enquête sur Bruno Rebelle est la moindre des choses"
Il a estimé que le climat de la campagne résultait "d'un déséquilibre". "Nous avons un projet" tandis que "la gauche n'a pas travaillé pendant cinq ans", alors qu'elle "avait le devoir de comprendre pourquoi elle s'était trouvée dans la situation du 21 avril 2002". "Le temps s'écoule et le débat de fond ne s'engage pas", a-t-il regretté, ajoutant : "On ne voudrait pas que le pays soit privé à nouveau de débat", comme en 2002 et dénonçant les "attaques" du PS contre Nicolas Sarkozy.
Ainsi, il a répété qu'"il n'y (avait) jamais eu d'enquête sur le patrimoine de Ségolène Royal et François Hollande", dont l'équipe UMP se désintéresse selon lui. En revanche sur le fichage par les RG de Bruno Rebelle, membre de l'équipe Royal "c'est bien la moindre des choses qu'il soit connu des services de l'Etat", car il a été "pendant des années à la tête d'une organisation" (Greenpeace France) qui a "combattu les politiques de l'Etat". Quant à la réactualisation de cette fiche, "ce n'est pas parce que M. Rebelle est arrivé dans l'entourage de Ségolène Royal qu'il est devenu une blanche colombe", a dit le sénateur.
"Le problème de Bayrou est son ton"
Concernant les appels du PS à la démission du candidat Sarkozy du ministère de l'Intérieur, M. Fillon a estimé: "on ne change pas les règles de la République quand on perd". "Ces règles sont bonnes quand Jospin (Premier ministre en 2002) est candidat, mauvaises quand Sarkozy est candidat. Le maire d'une grande ville doit-il démissionner quand il se présente aux élections municipales ?", a-t-il demandé, citant Jean-Marc Ayrault, maire PS de Nantes et observant qu'un maire a aussi un rôle dans l'organisation des élections.
Quant à François Bayrou, qui monte dans les sondages au point d'être passé devant Jean-Marie Le Pen (lire notre article), François Fillon a affirmé que "sur le discours, il n'y a pas beaucoup de différence avec la droite (sur l'éducation, l'Europe...). Là où il y a un problème avec lui, c'est sur le ton qu'il emploie, son agressivité". Mais le candidat UDF n'inquiète pas François Fillon, puisque "c'est à Ségolène Royal qu'il prend des voix".
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