Jack Lang © LCIQuarante-cinq ans après la signature des accords d'Evian, les relations entre la France et l'Algérie sont loin d'être apaisées. En plaidant dimanche à Alger pour "la reconnaissance" par la France "des crimes commis par la colonisation en Algérie", Jack Lang a suscité des réactions indignées de l'autre côté de la Méditerranée. Le conseiller spécial de Ségolène Royal, venu remettre un message d'amitié au président Bouteflika de la part de la candidate socialiste, avait déclaré dimanche que la France avait un "devoir de réparation historique" à l'égard de son ancienne colonie. "Il faut réformer les manuels scolaires français (...) qui présentent une histoire idyllique du colonialisme" et "décoloniser les mentalités" avait ainsi souligné Jack Lang. Les divergences entre Paris et Alger sur les effets de la colonisation empêchent depuis 2005 la signature d'un traité de paix entre les deux pays.
Un acte de repentance très contesté
Plusieurs adversaires de Ségolène Royal ont réagi aux propos de l'ancien ministre socialiste. Interrogé sur la pertinence de telles déclarations, François Bayrou a jugé qu'il s'agissait là d'une "grave imprudence". "Chaque fois qu'on essaie d'instruire le procès, en injuriant ou en insultant ceux qui ont donné leur vie", qui ont participé à "un effort dont je rappelle qu'il était l'effort de la République et spécialement de la gauche, on creuse à nouveau les blessures du pays", a estimé le candidat UDF, une opinion partagée par le ministre des Affaires étrangères. Philippe Douste-Blazy a en effet plaidé pour une France décomplexée, qui doit cesser de "se battre la coulpe". "74% des Algériens ont moins de 25 ans. Il faudrait maintenant tourner une page et arriver à regarder l'Algérie comme un partenaire d'égal à égal", a-t-il poursuivi.
Sans surprise, Jean-Marie Le Pen s'est lui aussi inscrit en faux contre les propos de Jack Lang. "Si M. Lang entend par là les regrets que nous devrions avoir vis-à-vis de l'Algérie, c'est une opinion crapuleuse, c'est scandaleux de dire cela", a-t-il déclaré lors du Grand rendez-vous Europe 1/TV5Monde. Et le président du Front national de poursuivre : "si la France a à demander des comptes, elle doit le demander à ceux qui ont permis le départ dans la ruine d'un million de Français métropolitains après l'indépendance de l'Algérie".
Avec agence
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