Jean-Marie Le Pen lors de son discours de clôture de la convention présidentielle du FN à Lille (25 février 2007) © TF1/LCIJean-Marie Le Pen s'est adressé dimanche à Lille "aux petits, aux obscurs, aux sans-grade" pour les inciter "à reprendre avec (lui) le pouvoir" et "retrouver le privilège d'être Français". "Vous qui n'avez jamais servi, combattu, travaillé que pour des prunes", "allons dire ensemble à l'Univers étonné que la France est de retour, que la grande Nation s'est réveillée", a déclaré le candidat frontiste en terminant une convention présidentielle de deux jours à Lille.
Dans un discours souvent lyrique, ou il s'est présenté comme "le candidat de la vie", Jean-Marie Le Pen a fait référence à la tradition ouvrière de la région Nord Pas-de-Calais, célébrant les combats qui "arrachèrent de haute lutte les droits essentiels du travailleur au patron de droit divin d'alors". "Ces droits dont les nouveaux grands patrons du Medef et du Cac 40 veulent à nouveau les priver, aidés en cela par la complicité active de leurs zélés serviteurs, les Sarkozy, les Bayrou, les Royal, tous partisans de l'Europe du 'oui' à la Constitution", a-t-il déclaré.
Le président du FN a dénoncé "le vrai scandale de notre nation", "cette insupportable vision du malheur de nos concitoyens pourtant dignes et silencieux, tandis qu'on abrutit avec la surmédiatisation des sans-papiers venus en fraude". Les dirigeants de gauche et droite "sont tous coupables" de cette situation, a déclaré Jean-Marie Le Pen, critiquant ses principaux rivaux, "l'altesse royale des Charentes qui propose des soins palliatifs aux blessés de la guerre économique", "Nicolas qui court et nous attend au coin du bois mesdames", et "Bayrou qui joue au rebelle, Tartuffe dans le rôle de D'Artagnan".
"Retour" de la France sur la scène mondiale
Jean-Marie Le Pen, 78 ans, a profité du rassemblement de Lille pour décliner quelques éléments de son programme qui vise à une "reconquête économique et sociale" et fait toujours de l'immigration la principale cause des difficultés du pays, avec l'Europe de Bruxelles. Le FN entend "inverser les flux migratoires" en supprimant notamment les aides sociales dont bénéficient les étrangers et en réduisant de 10 à trois ans la durée des cartes de séjour. Son leader a également promis un "plan Marshall pour les campagnes" et une "révolution fiscale". Bien que partisan d'un "capitalisme éclairé", il a fustigé le "capitalisme financier planétaire" tenu, selon lui, par quelques milliers de "prédateurs" qui n'ont "qu'un seul but : le taux de profit à deux chiffres et une seule nation, l'argent."
Enfourchant un nouveau cheval de bataille, Jean-Marie le Pen a promis d'être "le président qui, en septembre 2007, ira à l'Assemblée générale des Nations Unies proposer l'audace de gérer en commun quatre parties communes de la propriété planétaire : l'eau, l'alimentation, les médicaments de base et l'instruction." Selon lui, un tel acte marquerait le "retour" de la France sur la scène mondiale.
D'après agences
Parrainages : Le Pen accuse implicitement de Villiers de "manoeuvre crapuleuse" |
Au moment de commencer son discours final, Jean-Marie Le Pen a accusé implicitement dimanche, devant plus de 2000 de ses partisans, son rival Philippe de Villiers de chercher à dissuader les maires de signer pour lui, dans une "manoeuvre particulièrement crapuleuse". "Il est probable que cette manoeuvre" consistant à appeler les maires au téléphone pour les dissuader de signer "vient d'un candidat qui se trouve jusqu'à présent dans les sous-sols des sondages, et qui espère grâce à cette manoeuvre pouvoir prendre ma place", a déclaré candidat FN, en demandant aux maires "de ne pas se laisser intimider". Philippe de Villiers a formellement démenti dans un communiqué les "insinuations mensongères" du leader frontiste "qui comme d'habitude fait dans l'injure et l'outrance", reprochant à son tour à Jean-Marie Le Pen de vouloir compliquer sa propre quête des signatures. |
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