Ségolène Royal en meeting à Dunkerque (15 février 2007) © TF1-LCIAprès une journée de turbulence dans son camp en raison de la démission de Eric Besson, le "M. Economie" du PS (cliquez ici pour lire notre article), Ségolène Royal a repris le rythme normal de sa campagne. Elle était ainsi jeudi soir à Dunkerque pour son premier meeting depuis la présentation de "pacte présidentiel". Ce premier discours "thématique" était axé sur l'Education et ses propositions sur l'école. Devant environ 10 000 personnes, la candidate socialiste a commencé par un préambule d'une dizaine de minutes résumant les principales mesures économiques et sociales de son programme. Pendant environ quarante minutes, elle s'est ensuite consacrée au sujet de la soirée, en déclinant son "pacte pour l'école".
Elle a notamment rendu un vibrant hommage aux enseignants. "Nous pouvons être fiers de notre école. Nous devons être fiers de ceux qui s'y dévouent et y travaillent sans relâche", a-t-elle lancé, en promettant de rétablir les 125 000 emplois supprimés, selon elle, par la droite depuis 2002 par l'intermédiaire d'un plan de programmation s'étalant sur les cinq ans de la prochaine législature. Elle a également affirmé qu'elle avait l'intention de renforcer la formation des enseignants et d'augmenter leur pouvoir d'achat.
"Ordre éducatif juste"
Estimant que l'échec scolaire est inadmissible, Ségolène Royal a voulu "parler un langage de vérité" sur le sujet. "Certains établissements ont besoin de plus de soutien que d'autres", a-t-elle indiqué. Ses mesures : soutien scolaire gratuit pour les élèves dispensé par des enseignants rémunérés, imbrication de la politique de la ville et du logement à la politique de l'école. "Il faut aider les élèves qui décrochent avec un ordre éducatif juste", a-t-elle déclaré, en adaptant son slogan de campagne de la "France juste".
Parmi ses autres solutions, figurent la scolarisation obligatoire dès 3 ans et avant cet âge, la mise en place d'un service public de la petite enfance. La candidate socialiste propose également de donner une place plus importante à l'enseignement artistique et aux filières techniques et professionnelles. "Un élève qui dessine une turbine doit être autant reconnu que celui récite Antigone", estime-t-elle.
La carte scolaire oubliée
Concernant le financement de ces nouvelles mesures, Ségolène Royal a expliqué son intention de réaffecter le budget dévolu à la construction d'un second porte-avions, souhaitée par Nicolas Sarkozy, à celui de l'école. "Les moyens, nous les trouverons. Si la nation est capable de dégager le coût d'un deuxième porte-avions, j'en fais ici le serment, cette marge de manœuvre supplémentaire, cette valeur là, n'ira pas à la Défense nationale mais ira à l'Education nationale", a-t-elle asséné. Vendredi matin, en déplacement à la Réunion, Nicolas Sarkozy n'a pas manqué de réagir aux propos de la candidate socialiste. "C'est quand même une idée curieuse de dire aux Français: il va falloir choisir, soit vous éduquez vos enfants, soit vous assurez leur sécurité! Moi, je veux à la fois de la sécurité pour la France et une bonne éducation pour les Français", a-t-il lancé.
A noter enfin une absente de taille dans le discours : celle de la révision de la carte scolaire. Cette mesure-phare, dont Ségolène Royal avait parlé à Villepinte dimanche dernier, est la 26e de son "pacte présidentiel". Elle a pour but de "supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d'éducation prioritaire".
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