"La peine de mort illégitime en toutes circonstances"

Par D.H. (avec agence), le 19 février 2007 à 13h31 , mis à jour le 19 février 2007 à 21h28

Le Congrès a adopté lundi le verrouillage par la Constitution de l'abolition de la peine de mort. Un texte que Villepin a longuement défendu.

TF1-LCI : Dominique de Villepin le 19 février 2007Dominique de Villepin le 19 février 2007 © TF1-LCI

François Hollande a surnommé ce Congrès la "séance de rattrapage de tout ce qui n'a pas été fait" pendant le quinquennat de Jacques Chirac. Pour Dominique de Villepin, c'est en revanche une "fierté" que "d'être le gouvernement qui aura permis à cette mandature d'aller jusqu'au bout de l'action" et "des engagements" du président.

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En tout cas, pour la 3e fois depuis le début de la législature, députés et sénateurs étaient réunis lundi en Congrès à Versailles pour une triple révision de la Constitution sur le gel du corps électoral de Nouvelle Calédonie, la réforme du statut pénal du chef de l'Etat et l'abolitiion de la peine de mort (lire ci-dessous le contenu des trois textes). Ces trois réformes ont été entérinées dans la journée.

"Refuser la loi du talion. Punir ce n'est pas venger"

Temps fort de cette réunion au haut sommet : le plaidoyer de Dominique de Villepin sur l'abolition de la peine de mort pour la verrouiller dans la Consitution. Le chef du gouvernement a expliqué devant les parlementaires que "pour la 1re fois dans l'histoire de notre pays, nous pouvons évoquer sereinement l'abolition de la peine de mort", car "il ne s'agit plus d'un combat de gauche ou de droite" mais d'une "même conviction simple, partagée par la majorité de nos concitoyens". 

Ainsi, "dans un Etat de droit moderne, la peine de mort n'a pas sa place", a-t-il insisté, avant de rejeter un à un les arguments des derniers adversaires de l'abolition. A ceux qui prétendent que "que la peine de mort a un effet dissuasif. Rien ne l'établit. Rien ne le prouve... La dignité d'une grande démocratie, c'est refuser la loi du talion. Punir ce n'est pas venger", a-t-il lancé. "La peine de mort est illégitime en toutes circonstances, elle doit être abolie en toutes circonstances", a-t-il encore martelé. "Avec cette révision, la France réalisera un progrès majeur dans son combat en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort", a conclu Dominique de Villepin.

La réforme du statut pénal du chef de l'Etat fait moins l'unanimité

Finalement, députés et sénateurs ont entériné l'insertion dans la Constitution de l'abolition de la peine de mort par 838 voix contre 26. La réforme du statut pénal du chef de l'Etat a eu moins de succès. Le texte a été adopté par 449 voix contre 203. La très large majorité des UMP a voté pour. L'UDF a voté contre. Les PCF se sont abstenus. Les socialistes se sont finalement abstenus. Avant le vote, le Premier ministre a évoqué une réforme qui garantit un "régime de responsabilité pragmatique" et "renforce la Ve République". Et c'est un texte "équilibré" car il "répond à une double exigence : l'exigence de transparence et d'égalité entre les citoyens et l'exigence de stabilité de l'Etat".

Dans la matinée, le gel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie a été approuvé à une large majorité : par 724 voix pour, 90 contre, soit une majorité supérieure à celle des 3/5es requise. Les voix manquantes l'ont été principalement dans les rangs de l'UMP ; les groupes PS, PCF, UDF et la majorité des sénateurs radicaux du RDSE ayant apporté un soutien quasi-unanime au texte, défendu lundi par le Premier ministre Dominique de Villepin. "Il nous appartient aujourd'hui de tenir la parole donnée à nos compatriotes de Nouvelle-Calédonie (...) Cette parole n'est pas celle d'une majorité, d'un parti ou d'un homme : c'est celle de la France", a ainsi déclaré le Premier ministre.

Le contenus des trois réformes constitutionnelles
  • La réforme du statut pénal du chef de l'Etat comporte un volet juridique en confirmant l'immunité temporaire du président pendant son mandat. Il comporte un autre volet, politique, en instaurant une procédure de destitution "en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat". Ce texte, qui figurait dans le programme électoral de Jacques Chirac en 2002, comporte un seul article qui modifie le titre IX de la Constitution et en particulier les articles 67 et 68.
  • Le gel du corps électoral en Nouvelle-Calédonie à la date de 1998 pour les élections territoriales de 2009 et 2014 était une revendication de longue date des Kanaks, pour qui ce gel est la clé de voûte de l'accord de Nouméa du 5 mai 1998. Le texte sera inscrit à l'article 77 de la Constitution.
  • "Nul ne peut être condamné à la peine de mort" : l'abolition de la peine de mort sera inscrite dans l'article VIII de la Constitution, à la demande de Jacques Chirac lors de ses voeux au Conseil constitutionnel. Il la rend ainsi pratiquement irréversible. Jusqu'à aujourd'hui une simple loi permettrait de rétablir la peine de mort dont l'abolition en 1981 avait été un des premiers actes du président François Mitterrand, moins de six mois après son élection.

Par D.H. (avec agence) le 19 février 2007 à 13:31
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17 Commentaires

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  • Sabora, le 22/02/2007 à 02h11

    Foutaises ! Une Constitution ça se modifie, la preuve ... Rien n'empêche le rétablissement de la peine de mort en France, arretez de prétendre le contraire, c'est se foutre de la gueule du monde.

  • Charles, le 21/02/2007 à 11h35

    Et voilà les violeurs et les tueurs pourrons récidiver tranquillement dans notre pays de m.... un référendum n'aurait-il pas été d'usage ?

  • Pmvallez, le 20/02/2007 à 21h14

    On sait que nous sommes en période de carnaval, mais entre nous fallait-il tant de personne pour enterriner une chose votée, il y a bientot 30 ans, combien a couter au contribuable cette mascarade !!!! voilà où il faut faire des économies .....

  • André, le 20/02/2007 à 16h10

    "il ne s'agit plus d'un combat de gauche ou de droite" mais d'une "même conviction simple, partagée par la majorité de nos concitoyens". Ils ont demandés l'avis à qui ? pas le mien toujours. Comme d'habitude ils prennent des décisions sans réferendum ni rien histoire de laisser une trace dans l'histoire... Personnellement je trouve qu'un pédophile qui attend d'être relâché pour recommencer et qui en attendant vit au frais de la princesse au chaud n'a plus rien à faire sur cette terre. De plus, la peur de la peine de mort en calmerait et en ferait réfléchir certainement plus d'un... Un exemple récent ? le chef tout puissant d'iparetarak qui vient d'être relâché bien que condamné 3 fois à perpetuité pour les meurtres qu'il a commis... Belle justice il n'a plus qu'a recommencer...

  • Bean, le 20/02/2007 à 16h08

    Plus de peine de mort, une double perpétuité qui vaut 19 ans... Dans ce pays on risque moins à être terroriste et meurtrier que conducteur inattentif!

  • Patrick, le 20/02/2007 à 10h38

    La peine de mort a été abolie, c'est bien mais le travail est seulement à moitié fait car c'est seulement pour les criminels qu'elle a été abolie pas pour les victimes... cherchez l'erreur!

  • Herve, le 20/02/2007 à 09h06

    Plus de peine de mort , plus de prison a perpet, on va ou ??? les grands criminels font tout juste 10 ans, et ils recommencent , merci badinter pour toutes les victimes innocentes

  • Gerar, le 20/02/2007 à 08h54

    Mais qu'est ce quont en a à faire,elle est abolie depuis 1981,bien sur,sauf pour les victimes

  • Dane, le 20/02/2007 à 08h38

    Honteux de voir cela m chirac et dire que j ai voter pour vous je le regrette oui pour la peine de mort pour des crimes qui sont reconnus quand on voit les videos des violeurs d enfants sur la bande q on les reconnaient dessus alors pas de pardon oui en prison on protege ses gens honteux et en plus ses les contribuables qui payent pour cela

  • Bidou, le 20/02/2007 à 05h38

    Villepin aurait pu nous épargner l'éloge à François Mitterrand. J'espère que mon député n'a pas participé à cette mascarade carnavalesque.

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