François Bayrou s'exprimant au Sénat sur "l'affaire Duhamel" © TF1/LCIPolémique oblige, François Bayrou avait promis qu'il s'exprimerait sur "l'affaire Duhamel" samedi, lors de son discours de clôture d'un colloque sur la culture au Sénat. Le candidat UDF à la présidentielle est donc longuement revenu sur la suspension de France Télévisions et de RTL du journaliste qui, lors d'une réunion, avait dit qu'il voterait pour le candidat centriste.
"Ce n'était pas un appel", a souligné François Bayrou, précisant qu'Alain Duhamel s'exprimait "dans un cadre privé", une "réunion sans conséquence publique"."Si une déclaration aussi simple peut entraîner la suspension de son travail (...) alors ça pose des questions et il faut examiner ces questions", a estimé le candidat, se disant d'ailleurs persuadé que si Alain Duhamel avait donné un autre nom que le sien, "l'écho aurait été moindre".
"J'aime bien que les journalistes aient des opinions"
Le leader UDF a vigoureusement défendu le professionnalisme d'Alain Duhamel. "On peut avoir des opinions et avoir une démarche neutre et objective. C'est l'honneur de l'esprit humain", a-t-il dit. "Je ne connais personne qui peut dire qu'Alain Duhamel a eu dans sa manière d'interviewer des choix partisans ou tendancieux. Comme professionnel, Alain Duhamel n'a jamais eu la moindre complaisance, surtout à l'égard de ceux qu'il aime bien". Revenant sur l'éviction du journaliste de l'émission politique à laquelle il devait participer le jour même où la vidéo est sortie au grand jour, François Bayrou a affirmé : "Si j'avais eu Alain Duhamel en face de moi sur France 2 pour l'émission 'A vous de juger', je suis à peu près sûr que ses questions auraient été rudes pour montrer la distance entre nous, et il aurait eu raison."
Comparant la France aux Etats-Unis, où "il n'y a pas un grand journaliste américain dont on ne sache pas pour qui il vote", le candidat UDF a également dit sa préférence pour le modèle d'outre-Atlantique. "J'aime bien que les journalistes aient des opinions (...) Je préfère des journalistes objectifs dont on connaît l'opinion, à des journalistes tendancieux dont on ne connaît pas l'opinion. C'est une garantie pour le citoyen de savoir d'où parle celui qui parle."
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