Alliot-Marie au forum UMP de Lyon © LCIUn deuxième porte-avions, oui ou non? En meeting jeudi soir à Dunkerque, Ségolène Royal a proposé de réaffecter à l'école le budget qui pourrait être dégagé pour la construction d'un 2e porte-avions nucléaire. Et son idée ne fait pas l'unanimité. Alors que les critiques fusent, le socialiste Vincent Peillon a tenté vendredi après-midi de temporiser : "Il ne s'agit pas de ne pas faire le deuxième porte-avions, mais de ne pas le financer tout seuls pour pouvoir économiser quelques milliards d'euros". En clair : oui à la construction d'un second porte-avions, non pas par la France seule mais dans le cadre de l'Europe.
Mais l'intervention de Ségolène Royal a déjà suscité un flot de commentaires acides. Nicolas Sarkozy l'a qualifiée de "curieuse". "C'est quand même une idée curieuse de dire aux Français : il va falloir choisir, soit vous éduquez vos enfants, soit vous assurez leur sécurité! Moi, je veux à la fois de la sécurité pour la France et une bonne éducation pour les Français", a affirmé le candidat UMP à l'élection présidentielle. "S'il y a des choix d'économie à faire, je les ferai sur bien autre chose", a-t-il insisté.
De la même manière, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a jugé vendredi "irresponsable et fallacieux" le refus par Ségolène Royal d'un 2e porte-avions. Dans un communiqué intitulé "Quand le masque tombe", Michèle Alliot-Marie fait valoir que le 2e navire a "pour objectif de garantir la capacité pour la France d'intervenir à tout moment et partout dans le monde avec ses avions de chasse" et affirme que "la France ne peut pas se contenter d'avoir un groupe aéronaval par intermittence". En outre, la ministre de la Défense conteste le raisonnement budgétaire de la candidate du PS. "On ne finance pas des dépenses annuelles de fonctionnement de l'Education nationale ou de tout autre ministère, par un budget d'investissement qui ne représente qu'une opération", poursuit-elle.
"Nous avons le troisième espace maritime du monde"
Avant l'intervention de Vincent Peillon, la directrice de campagne de François Bayrou, Marielle de Sarnez, a affirmé sur LCI que "le 2e porte-avions doit se faire" mais à l'échelle européenne. Selon la députée européenne, "il faut deux porte-avions pour qu'il y en ait un qui marche".
Jean-Marie Le Pen a estimé également estimé nécessaire que la France construise un second porte-avions. "Je donne la préférence à la Défense nationale (...) Un pays comme la France ne peut pas se permettre de n'être pas défendu", a déclaré le président du Front national sur France Info. "En l'occurrence, le deuxième porte-avions est une nécessité puisque, pendant le temps que l'un d'eux est en réparation ou en révision, nous n'aurions pas les moyens d'intervenir là où nous avons besoin de le faire. Et je rappelle que nous avons le troisième espace maritime du monde et que nous avons des morceaux de France un peu partout dans le monde", a déclaré le candidat du Front national à l'élection présidentielle.
D'après agence
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