Ségolène Royal, lors de son discours de présentation de programme, le 11 février à Villepinte © TF1-LCI15 000 personnes, 100 mesures, un discours de 27 pages et long de presque deux heures : Ségolène Royal a passé ce dimanche son "grand oral" en présentant à ses partisans, réunis au Parc des expositions de Villepinte, en Seine-St-Denis son "pacte présidentiel". Outre la démonstration de force face aux sondages donnant Nicolas Sarkozy gagnant, l'équipe de la candidate socialiste a également fait de ce meeting une démonstration d'unité, avec l'ensemble des "éléphants du PS" présents au premier rang, notamment Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, les deux adversaires de Ségolène Royal lors des primaires internes de l'automne dernier. Seul Lionel Jospin manquait à l'appel.
La candidate, en veste rouge, s'est exprimée sur un fond bleu-gris, dans un décor de panneaux dessinant un patchwork de photos d'hommes, de femmes et d'enfants dans leur vie quotidienne. Souvent interrompue par les cris de la salle "Ségolène présidente" ou "On va gagner", Ségolène Royal a développé et précisé les propositions de son "pacte présidentiel", dévoilé quelques minutes avant qu'elle ne prenne la parole. Elle a notamment expliqué que son projet avait été en partie élaboré grâce à la synthèse des "débats participatifs" dont elle avait fait le cœur de sa pré-campagne. Elle a ainsi cité à plusieurs reprises les prénoms des personnes ayant participé à ces réunions et dont les idées ont été retenues. "Plus jamais la politique ne se fera sans vous", a-t-elle clamé.
L'économie et le social en force
Après cette introduction sur les "débats participatifs", Ségolène Royal a tout d'abord placé son discours sous le signe de l'économie et du social. Fustigeant "la France qu'ils nous laissent", en référence au bilan du gouvernement sortant et en insistant sur une "dette publique" devenue "insoutenable". Comme solutions, Ségolène Royal a détaillé son intention de mettre en place "un juste calcul du vrai pouvoir d'achat", en "tenant compte de la réalité des dépenses des familles". "Il faut revaloriser les retraites, le Smic, les bas salaires juste au dessus de Smic", a-t-elle assuré, en annonçant une "conférence nationale des salaires" dès juin 2007 avec les partenaires sociaux.
La candidate socialiste a ensuite abordé de nombreux thèmes : l'environnement, le développement du transfert des compétences de l'Etat vers les régions, l'éducation ("L'éducation, encore l'éducation, toujours l'éducation") avec notamment un vibrant plaidoyer pour les enseignants et la création d'une allocation autonomie pour les jeunes, la santé avec la gratuité des soins pour les moins de seize ans et la contraception gratuite pour les femmes de moins de 25 ans. Pour lutter contre l'insécurité, elle souhaite le rétablissement de la police de proximité, rebaptisée "police des quartiers", ou encore l'encadrement militaire pour les jeunes délinquants. Concernant les institutions, elle préconise notamment la suppression de l'article 49-3 de la Constitution, qui permet d'adopter une loi sans débat au Parlement. Une absence de taille néanmoins : la fiscalité et la manière de financer toutes ces nouvelles dépenses.
L'Afrique comme priorité
Ségolène Royal a terminé son discours sur les questions de politique étrangère, à laquelle elle a consacré plus de trente minutes. Concernant le rôle de la France dans le monde, elle a notamment expliqué que le "réalisme, c'est aussi avoir des priorités". Et pour elle, cette "priorité, c'est l'Afrique, à la portée de la France et de l'Europe". Pour la situation au Moyen-Orient, tout en "montrant la plus grande fermeté" envers l'Iran, elle souhaite "maintenir le dialogue". Enfin, s'agissant des Etats-Unis, elle souligne que "partout où nous agirons, ils ne seront pas loin". "Nous vivrons avec eux, en partenaire solide, fiable, mais sans complexes non plus. La taille n'a rien à voir avec les principes", a-t-elle asséné.
S'écartant du texte prévu de son discours, Ségolène Royal a conclu en remerciant les militants présents dans la salle. Sa dernière phrase a quant à elle repris son credo de l'"ordre juste". "Cette France, nous allons la faire, celle qui, sur la scène du monde aussi, travaillera à instaurer un ordre juste". Au même moment, sur l'écran géant, défilait le nouveau slogan de campagne : "Plus juste, la France sera plus forte".
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