Ségolène Royal lors d'un débat participatif à Grenoble © TF1/LCIJeudi soir à Grenoble, devant quelque 3 500 militants, Ségolène Royal a appelé de ses voeux une France qui "donne sa chance à tous les jeunes, à chaque jeune, pour qu'il puisse prendre sa part à la construction de notre destin commun". "Je veux une France qui ouvre ses portes et ses fenêtres à la jeunesse, une France qui cesse de gaspiller le talent des jeunes", a-t-elle aussi déclaré.
La candidate socialiste a précisé ses projets d'allocation "d'autonomie du jeune adulte" et de logements pour jeunes étudiants et jeunes travailleurs. Elle a dit vouloir créer un "droit au premier emploi", une "carte santé jeunes" permettant des consultations médicales gratuites, offrir le permis de conduire aux nouveaux titulaires de CAP et "réaliser la contraception gratuite pour toutes les jeunes filles jusqu'à 25 ans".
"Sois compétitif et tais-toi"
La candidate socialiste a profité de ce temps de parole pour critiquer Nicolas Sarkozy et la politique de l'UMP. "L'ascenseur social reste bloqué au sous-sol et ne dessert plus les étages du haut, et le modèle que l'UMP propose à nos enfants face aux grandes transformations du monde peut se résumer à peu près à ceci, 'sois compétitif, ne pense qu'à toi et tais-toi', est cela que vous voulez?", s'est-elle écriée sous un tonnerre d'applaudissements.
Elle a ensuite pris à partie le ministre de l'Intérieur : "Je ne veux pas de cette société du 'tous contre tous et du chacun pour soi' qu'un autre nous prépare, je ne veux pas d'un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une menace, un danger". Ségolène Royal a aussi évoqué l'échec de la politique actuelle dans les banlieues: "on pourra envoyer tous les bataillons de police et de gendarmerie que cela n'y changera rien, par les mots de la provocation, rien n'est réglé". "Je pense à Bouna, Zyed et Muhittin, aux jeunes électrocutés de Clichy et je dis à leurs familles que nous n'aurons de cesse que la vérité soit connue dans la tragédie qui a pris leur vie au delà des mensonges du ministre de l'Intérieur", a-t-elle dénoncé.
Ségolène Royal en a aussi profité pour dénoncer les "médias amis du pouvoir". "Ceux-là même qui se demandent tous les jours si je vais tenir et pourquoi il ne faudrait pas changer de candidate", a-t-elle ajouté, faisant allusion notamment à la Une de l'Express. "Alors, ces médias amis du pouvoir, qui relayent tous les coups, tous les pièges, toutes les chausse-trappes, je leur dis avec vous : nous n'avons pas peur et nous resterons debout", a martelé Ségolène Royal.
Un débat sous haute surveillance |
Pour ce dernier débat participatif, aucun détail n'avait été laissé au hasard. Le choix des intervenants, notamment, avait fait l'objet de toutes les attentions, rapporte Le Parisien. La plupart des interlocuteurs de la candidate avaient été soigneusement présélectionnés et les thèmes abordés convenus à l'avance. L'improvisation a néanmoins payé. La porte-parole Christiane Taubira, dont l'intervention n'était pas programmée, a été très applaudie. |
(D'après agence)
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