Ségolène Royal était l'invitée de "J'ai une question à vous poser" le lundi 19 février sur TF1. © TF1/LCIAlors que les sondages donnent toujours une avance conséquente à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a entamé lundi une semaine décisive pour sa campagne en participant à l'émission "J'ai une question à vous poser" sur TF1. Face à 100 Français sélectionnés par TNS-Sofres pour leur représentativité de la population, la candidate a pu préciser plusieurs des propositions du "pacte présidentiel".
Lors de la présentation de son programme à Villepinte, elle avait ainsi dit vouloir augmenter les petites retraites de 5% en cas d'arrivée à l'Elysée, sans préciser le montant déclencheur de la revalorisation. C'est désormais chose faite : il s'agira "des retraites inférieures ou égales au SMIC net, inférieures ou égales à 984 euros". "Il y a un sentiment d'injustice, trop d'inégalités, de hauts revenus d'un côté, trop de bas revenus de l'autre", a-t-elle lancé. Concernant le SMIC à 1 500 euros, Ségolène Royal a précisé qu'il s'agirait d'un montant brut qui serait atteint en "cinq ans" car il faut "être réaliste". "Si nous pouvons aller plus vite, nous irons plus vite", a-t-elle ajouté. Elle a ainsi abandonné la formule "le plus tôt possible" utilisée jusqu'ici. Elle a rappelé que l'augmentation du SMIC serait "discutée au terme de la conférence salariale" prévue avec les partenaires sociaux "dès (son) élection". Enfin, pour l'Education, l'allocation de rentrée scolaire sera doublée à 540 euros dès la rentrée prochaine si elle élue.
Le cap au Nord
Après un long passage sur la santé, Ségolène Royal a été questionnée sur l'euthanasie. Mettant en avant sa propre expérience avec l'un de ses amis décédé après de longues souffrances, elle s'est dit favorable à un débat législatif sur le sujet. "Dans le respect des personnes, il faut faire ce qu'ont fait d'autres pays européens. Il faut avoir le courage d'ouvrir le débat et mettre en place une législation qui permette d'apaiser les souffrances les plus intolérables", a-t-elle dit.
Moment fort de l'émission : une question posée par un malade de la sclérose en plaques. Devant cet homme de 60 ans, en pleurs alors qu'il évoquait la mort d'un de ses amis également handicapé, Ségolène Royal a quitté le pupitre en verre derrière lequel elle était placée pour venir le réconforter d'un geste de la main sur l'épaule. Restant à côté de lui quelques instants, elle a regretté que cet homme ait été contraint de rester avec son fauteuil roulant dans une des allées du décor, en forme d'amphithéâtre, et n'ait pas pu être placé de la même façon que les 99 autres intervieweurs. Elle a ensuite affirmé qu'elle souhaitait imposer un quota de 6% de personnes handicapées dans les administrations, en faisant référence aux pays d'Europe du Nord où "lors d'une réunion de 20 personnes, il est considéré comme anormal quand il n'y a pas de personne à handicap" -Ségolène Royal a également utilisé l'exemple scandinave pour plusieurs thèmes, notamment la croissance économique ou les impôts.
"Aucun chiffre"
A trois reprises, Ségolène Royal a été bousculée par les panélistes. Tout d'abord par un restaurateur qui lui faisait remarquer son absence aux salons des entrepreneurs et qui lui reprochait un projet avec "beaucoup d'idées mais sans aucun chiffrage". La candidate socialiste a alors répondu sans donner de chiffres précis. La seconde fois, elle était interrogée sur la place qu'aurait son compagnon François Hollande si elle était élue. "Je comprends que cette situation intrigue, elle n'est pas banale", a-t-elle répondu au dentiste qui l'avait d'ailleurs appelée par inadvertance "Mme Hollande". "Tous les talents seront utilisés", a-t-elle fait valoir, jugeant néanmoins "indécent de commencer à distribuer des places". De même, après l'avoir interrogée sur l'immigration -un domaine pour lequel elle s'était auparavant opposée aux régularisations massives des sans-papiers, préférant le "cas par cas", un panéliste l'a accusée de "délivrer des banalités".
Questionnée sur sa capacité à diriger le pays, Ségolène Royal a fait valoir que "n'importe quel homme avec mon parcours ne se verrait pas remettre en cause". "Je pense être prête. Je pense non seulement être prête mais je pense être la seule à pouvoir incarner et réaliser le profond changement dont la France a besoin et en particulier de nouer un pacte avec les jeunes", a-t-elle ensuite lancé. Concernant la réorganisation de son équipe de campagne, interprétée parfois comme un symptôme d'amateurisme, elle a admis des "petites tensions" et a annoncé que son futur staff serait féminisé.
"Gagnant-gagnant"
A noter enfin que Ségolène Royal a répété une dizaine de fois les expressions "gagnant-gagnant" et "donnant-donnant', que ce soit sur les impôts, l'éducation, l'agriculture. Sans oublier "l'ordre juste", notamment sur les questions de délinquance où elle a redit qu'elle rétablirait la police de proximité dans les banlieues.
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