Royal : "je pense être prête"

Par , le 19 février 2007 à 22h12 , mis à jour le 25 février 2007 à 18h45

Invitée de "J'ai une question à vous poser" sur TF1, la candidate PS a affirmé "être la seule à pouvoir incarner le profond changement dont la France a besoin".

Ségolène Royal était l'invitée de "J'ai une question à vous poser" le lundi 19 février sur TF1.Ségolène Royal était l'invitée de "J'ai une question à vous poser" le lundi 19 février sur TF1. © TF1/LCI

Alors que les sondages donnent toujours une avance conséquente à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a entamé lundi une semaine décisive pour sa campagne en participant à l'émission "J'ai une question à vous poser" sur TF1. Face à 100 Français sélectionnés par TNS-Sofres pour leur représentativité de la population, la candidate a pu préciser plusieurs des propositions du "pacte présidentiel".

Lors de la présentation de son programme à Villepinte, elle avait ainsi dit vouloir augmenter les petites retraites de 5% en cas d'arrivée à l'Elysée, sans préciser le montant déclencheur de la revalorisation. C'est désormais chose faite : il s'agira "des retraites inférieures ou égales au SMIC net, inférieures ou égales à 984 euros". "Il y a un sentiment d'injustice, trop d'inégalités, de hauts revenus d'un côté, trop de bas revenus de l'autre", a-t-elle lancé. Concernant le SMIC à 1 500 euros, Ségolène Royal a précisé qu'il s'agirait d'un montant brut qui serait atteint en "cinq ans" car il faut "être réaliste". "Si nous pouvons aller plus vite, nous irons plus vite", a-t-elle ajouté. Elle a ainsi abandonné la formule "le plus tôt possible" utilisée jusqu'ici. Elle a rappelé que l'augmentation du SMIC serait "discutée au terme de la conférence salariale" prévue avec les partenaires sociaux "dès (son) élection". Enfin, pour l'Education, l'allocation de rentrée scolaire sera doublée à 540 euros dès la rentrée prochaine si elle élue.

Le cap au Nord

Après un long passage sur la santé, Ségolène Royal a été questionnée sur l'euthanasie. Mettant en avant sa propre expérience avec l'un de ses amis décédé après de longues souffrances, elle s'est dit favorable à un débat législatif sur le sujet. "Dans le respect des personnes, il faut faire ce qu'ont fait d'autres pays européens. Il faut avoir le courage d'ouvrir le débat et mettre en place une législation qui permette d'apaiser les souffrances les plus intolérables", a-t-elle dit.

Moment fort de l'émission : une question posée par un malade de la sclérose en plaques. Devant cet homme de 60 ans, en pleurs alors qu'il évoquait la mort d'un de ses amis également handicapé, Ségolène Royal a quitté le pupitre en verre derrière lequel elle était placée pour venir le réconforter d'un geste de la main sur l'épaule. Restant à côté de lui quelques instants, elle a regretté que cet homme ait été contraint de rester avec son fauteuil roulant dans une des allées du décor, en forme d'amphithéâtre, et n'ait pas pu être placé de la même façon que les 99 autres intervieweurs. Elle a ensuite affirmé qu'elle souhaitait imposer un quota de 6% de personnes handicapées dans les administrations, en faisant référence aux pays d'Europe du Nord où "lors d'une réunion de 20 personnes, il est considéré comme anormal quand il n'y a pas de personne à handicap" -Ségolène Royal a également utilisé l'exemple scandinave pour plusieurs thèmes, notamment la croissance économique ou les impôts.

"Aucun chiffre"

A trois reprises, Ségolène Royal a été bousculée par les panélistes. Tout d'abord par un restaurateur qui lui faisait remarquer son absence aux salons des entrepreneurs et qui lui reprochait un projet avec "beaucoup d'idées mais sans aucun chiffrage". La candidate socialiste a alors répondu sans donner de chiffres précis. La seconde fois, elle était interrogée sur la place qu'aurait son compagnon François Hollande si elle était élue. "Je comprends que cette situation intrigue, elle n'est pas banale", a-t-elle répondu au dentiste qui l'avait d'ailleurs appelée par inadvertance "Mme Hollande". "Tous les talents seront utilisés", a-t-elle fait valoir, jugeant néanmoins "indécent de commencer à distribuer des places". De même, après l'avoir interrogée sur l'immigration -un domaine pour lequel elle s'était auparavant opposée aux régularisations massives des sans-papiers, préférant le "cas par cas", un panéliste l'a accusée de "délivrer des banalités".

Questionnée sur sa capacité à diriger le pays, Ségolène Royal a fait valoir que "n'importe quel homme avec mon parcours ne se verrait pas remettre en cause". "Je pense être prête. Je pense non seulement être prête mais je pense être la seule à pouvoir incarner et réaliser le profond changement dont la France a besoin et en particulier de nouer un pacte avec les jeunes", a-t-elle ensuite lancé. Concernant la réorganisation de son équipe de campagne, interprétée parfois comme un symptôme d'amateurisme, elle a admis des "petites tensions" et a annoncé que son futur staff serait féminisé.

"Gagnant-gagnant"

A noter enfin que Ségolène Royal a répété une dizaine de fois les expressions "gagnant-gagnant" et "donnant-donnant', que ce soit sur les impôts, l'éducation, l'agriculture. Sans oublier "l'ordre juste", notamment sur les questions de délinquance où elle a redit qu'elle rétablirait la police de proximité dans les banlieues.

Par Fabrice Aubert le 19 février 2007 à 22:12
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230 Commentaires

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  • Stéphane, le 20/02/2007 à 01h36

    Elle a été remarquable dans la manière de détourner les questions qui dérangent. M. Sarkozy nous dit des choses qui certes ne nous plaisent pas toujours mais il a le courage de les dire...Une france apaisée??? De qui se moque-t-on?

  • Ambro, le 20/02/2007 à 01h28

    J'ai trouvé Madame Royal convaicante, solide, cohérente et sincère dans son argumentation. Pour moi le doute n'est plus permis, ce sera ma candidadidate car elle parle vrai et sans détours

  • Glayse, le 20/02/2007 à 01h24

    Enfin une candidate qui parle vrai ! Le ''donnant ... donnant'' me satisfait dans sa démarche. Nous avons besoin de quelqu'un qui connaisse les problèmes de tous les jours, en tant que politique, femme et mère de famille elle m'a convaincu ... il était temps !

  • Pierre, le 20/02/2007 à 01h22

    Enfin quelqu'un qui parle concret et qui est proche des gens. Je préfère cela aux gesticulations médiatiques de Mr sarkozy. La compétence et la capacité à présider cela se prouve par les actes et une attitude moderne et pragmatique!

  • Denis, le 20/02/2007 à 01h07

    Peut-être une autre façon de voir l'économie. Pas pire qu'actuellement.

  • Laurent, le 20/02/2007 à 01h04

    Mmmhh, beaucoup d'encartés ps, donc forcement convaincus d'avance, se sont donné rendez vous ce soir sur lci pour contrer les habituels encartés ump. personnellement , je ne voterais ni royal ni sarkozy, encore moins bayrou.

  • Poly TSHILUMBA, le 20/02/2007 à 00h35

    ELLE M'A CONVECU CE SOIR ET REPONDU A MES INTERROGATIONS

  • Candas, le 20/02/2007 à 00h35

    J'ai beaucoup aimé je l'ai trouvé convaincante sur beaucoup de sujets

  • Juju, le 20/02/2007 à 00h33

    J'ai 20 ans et après avoir regardé cette émission, mon choix se confirme je voterais SARKOZY, lui au moins il propose des solutions pas toujours agréables mais capitales et nécessaires pour notre pays.D'ailleur on ne sais toujours pas ce qu'elle fera des 35 h, de l'éducation (bien mal en point et ce n'est pas en donnant tjr plus de fric qu'on va régler les problèmes c'est malheureusement un petit peu plus complexe que ça)et la liste est longue...j'espère que la naïveté de certain français à ses limites parce que c'est nous qui allons en payer les conséquences, moi aussi j'aimerais après une vie de travail bénéficier d'une retraite et pour ça il faudra faire des choix difficiles et pas simplement passer son temps à dire aux français "vous avez raison"!merci de me publier pour une fois

  • Florian, le 20/02/2007 à 00h32

    Démago et Dettes en avant

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