Ségolène Royal, le 6 février 2007 © TF1/LCISégolène Royal a entamé mardi soir une semaine décisive pour sa campagne. Quelques jours avant la présentation de son programme, prévue dimanche prochain à Montreuil, elle a commencé par rassembler ses troupes à la Halle Carpentier à Paris, pour le premier grand meeting de sa campagne. Environ 8 000 personnes étaient présentes, dont une bonne partie des ténors socialistes, notamment Dominique Strauss-Kahn battu en novembre lors des primaires socialistes. Laurent Fabius, l'autre battu, et Lionel Jospin, étaient en revanche absents.
Face aux sondages qui donnent Nicolas Sarkozy vainqueur et aux attaques de la droite sur ses "bourdes", elle a répliqué qu'elle n'avait "pas l'intention de se laisser faire". "Ce soir comme disent les rappeurs, Paris est dans la place ! Ceux d'en face, à droite et dans leurs relais dociles dans les médias, m'avaient déjà congédiée. Je suis toujours là et bien là. Avec vous, de plus en plus nombreux, je sens une vague, je sens un souffle et ce soir par votre seule présence vous leur avez répondu", a-t-elle lancé, alors que la salle criait "Ségolène Présidente". Outre la droite, elle a également fustigé "les conglomérats de la finance et des médias" qui rêvent, selon elle, de la voir "congédiée". "Il y a sans doute un peu d'argent à gagner, mais surtout, il y en a tellement à perdre si la gauche gagne les élections", a-t-elle encore déclaré.
Les mots de Bové
La candidate socialiste a ciblé ses attaques sur Nicolas Sarkozy, qu'elle a accusé d'emprunter ses slogans "à la droite américaine de l'époque du Vietnam ou à la dictature brésilienne" des années 70, et de n'être que le candidat d'une droite "qui se bushise". "Aimer son pays c'est le vouloir meilleur, c'est l'écouter, le rassembler, l'améliorer, le transformer, c'est assumer son histoire et l'aimer les yeux grand ouverts", a-t-elle ajouté, clamant que "rien de bon pour la France ne sortira jamais" d'un des slogans du candidat UMP, "Aimez la France ou quittez-la".
Pendant le reste de son discours, long de plus d'une heure, Ségolène Royal a aussi assuré vouloir être "la présidente des sans-voix, ceux qui n'ont jamais le droit à la parole". Elle paraphrasait ainsi presque mot pour mot José Bové. Lors de sa déclaration de candidature, jeudi dernier, le leader altermondialiste avait en effet affirmé qu'il se présentait pour "être le porte-voix des sans-voix".
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