Sarkozy invité de TF1 © TF1En plein débat sur le coût des promesses pour la présidentielle, Nicolas Sarkozy avance le premier ses chiffres. Il estime les mesures qu'il propose à 30 milliards d'euros en 5 ans, dont 15 milliards d'allégement d'impôts et de charges, dans un entretien au journal Les Echos (de mercredi). Ces "allégements de charges sur les heures supplémentaires amèneront des recettes de TVA". Selon lui, "ce n'est pas la même chose de dépenser pour assister et de dépenser pour investir (...) D'un côté, il y a de l'investissement, de l'autre de l'assistanat". Le Parisien/Aujourd'hui en France estimait mardi matin la note du projet présidentiel de Ségolène Royal à 35 milliards d'euros.
Dans un entretien aux Echos, le candidat de l'UMP critique aussi le pacte présidentiel que la socialiste a présenté dimanche à Villepinte. Il y voit un "retour aux années Jospin". "Les valeurs que Mme Royal met en avant sont celles de l'assistanat, de l'égalitarisme et du nivellement", estime-t-il. "Elle garde les 35 heures, elle n'encourage pas le travail, elle ne dit toujours pas si elle est dans la réhabilitation de l'impôt, mais on sait qu'elle est dans la réhabilitation de la dépense."
Contradictions
"Où est la modernité que l'on nous promettait ? Où est la mesure neuve ? Où est l'évolution du socialisme français à l'image des socialistes européens ?" demande-t-il, dénonçant ses contradictions. Selon Nicolas Sarkozy, elle juge "insoutenable" le montant de la dette publique mais annonce "des dépenses en plus".
Il trouve aussi "osé" qu'elle promette une augmentation des petites retraites de 5 % et qu'elle veuille "dans le même temps (...) remettre en question la loi Fillon" sur les retraites. Ainsi, "comment peut-on raisonnablement dire aux Français 'je vais augmenter les retraites' et démonter dans le même temps ce qui permet de les financer ?"
Un ministère de la Stratégie économique
Autre sujets abordés par le ministre-candidat dans cet entretien : Nicolas Sarkozy veut réorganiser le ministère de l'Economie et des Finances, en le scindant en deux. "D'un côté la gestion des comptes, ceux de l'Etat et de la Sécurité sociale, qu'il serait logique de réunir. Et, de l'autre, un ministère de la Stratégie économique, voire, osons le mot, de la Production, pour que la France ait une vraie réponse à la mondialisation".
Il dit aussi vouloir "redéployer autour de 5%" des 590 milliards d'euros de dépenses publiques et s'interroge notamment sur une modulation des aides liées aux 35 heures. Il n'exclut pas une évolution limitée du capital d'EDF et juge "intéressante" l'idée d'une taxe de type Tobin.
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