Allocution de Chirac : les réactions

le 11 mars 2007 à 20h15 , mis à jour le 12 mars 2007 à 19h04

L'allocution de Jacques Chirac dimanche soir a suscité de nombreux commentaires et réactions, à commencer par ceux des candidats.

TF1-LCI Elections 2007 - Jean-Marie Le Pen réagit au discours d'adieu de Jacques Chirac le 11 mars 2007Jean-Marie Le Pen réagit au discours d'adieu de Jacques Chirac le 11 mars 2007 © TF1-LCI

Réactions de candidats à la présidentielle

"Il y a une dignité d'intervention du chef de l'Etat qui fait référence à des valeurs constitutionnelles qui nous appartiennent à tous", a réagi dimanche soir Ségolène Royal sur TF1. "C'est un moment historique puisqu'une page de l'histoire va se tourner, une nouvelle page va s'ouvrir et ce sont les Français qui vont l'écrire eux-mêmes", a affirmé la candidate socialiste. Pour autant, a-t-elle poursuivi, "je crois que la fracture sociale s'est creusée et qu'aujourd'hui il y a plusieurs urgences à relever". Cliquez ici pour voir la réaction.

Donnant un "coup de chapeau" au Président français, François Bayrou, UDF, a trouvé "très bien" l'allocution de Jacques Chirac, estimant que "ce discours est un fil conducteur de ce qu'on devrait suivre en France". "Même s'il y a loin des paroles aux actes", a tempéré le candidat centriste, invité du 20 heures de TF1. "Ce soir", a conclu François Bayrou, "j'ai trouvé qu'il avait parlé bien, et à la  dimension d'un chef d'Etat qui achève son mandat, que c'était au niveau de ce  qu'on attendait".

Estimant qu'il "perdait son meilleur ennemi", Jean-Marie Le Pen, FN, a estimé que "Jacques Chirac aura été le plus mauvais président de la République de l'histoire de France", en donnant pour preuve que "pas un  seul candidat de sa majorité - ni Bayrou ni Sarkozy - ne se réclame de lui". Lui reprochant de s'être "garagarisé d'un certains nombre de formules creuses" dans son discours, le candidat d'extrême droite a encore ajouté que son adversaire de 2002 était "le symbole de la corruption politique au yeux du monde entier". Sa réaction en cliquant ici

Marie-George Buffet a critiqué dimanche les douze ans "très durs" de présidence de Jacques Chirac et dénoncé son bilan. "Jacques Chirac a eu des mots justes pour appeler à rejeter les extrémismes, le racisme et l'antisémitisme. Il a également justement rappelé le rôle particulier qui doit et peut être celui de la France sur la scène internationale", a déclaré la candidate communiste à la présidentielle dans un communiqué. "Mais on ne saurait partager l'autosatisfaction dont il a fait preuve sur son bilan."

 Nicolas Sarkozy a attendu lundi matin pour réagir à l'allocution de Jacques Chirac. "C'était un moment émouvant. Jacques Chirac a été digne, sincère", a dit le candidat de l'UMP sur France Inter, en décrivant le chef de l'Etat comme un homme "complexe et pudique". Il a ajouté qu'il "savait" ce que Jacques Chirac s'apprêtait à dire dimanche. "Je sais même comment cela va se passer dans la suite, car Jacques Chirac et moi, on s'est beaucoup parlé", a-t-il confié, en évoquant le soutien que le président devrait apporter à sa candidature. Cliquez ici pour voir sa réaction.

Autres réactions politiques

S'exprimant également lundi, Dominique de Villepin a rendu hommage à l'action du président, "un homme juste", en confiant qu'il avait toujours su "qu'il saurait passer le témoin au bon moment, qu'il ne ferait pas le mandat de trop".

Lundi encore, Valéry Giscard d'Estaing a adressé "un salut très cordial" à Jacques Chirac, en notant la "dignité" et "l'émotion" de la déclaration du chef de l'Etat.

D'autres hommes politiques ont très vite réagi, dès dimanche soir, au discours du chef de l'Etat. Jean-Pierre Raffarin, UMP, s'est dit "touché" par l'allocution du Président de la République. L'ex Premier ministre a justifié le fait que Jacques Chirac a refusé de prendre parti dans la campagne en estimant que "le message personnel de l'homme n'avait pas sa place dans le message solennel du président".

Le président de l'Assemblée nationale, Patrick Ollier, a salué sur LCI "un président qui aura incontestablement marqué le pays". La vidéo en cliquant ici.

Antoine Rufenacht a salué dimanche sur LCI le discours "émouvant" du président. Le maire du Havre, qui a été directeur de campagne de Jacques Chirac en 2002, a loué la "dignité" de l'allocution présidentielle. La vidéo en cliquant ici.

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a également salué en Jacques Chirac "un militant actif et déterminé de la République, dont elle peut être fière". Les députés UMP, a-t-il dit dans un communiqué, lui témoignaient "leur fidèle affection, leur grand respect et leur profonde reconnaissance". Bernard Accoyer a insisté sur "l'autorité de Jacques Chirac sur la scène internationale, son action constante et reconnue en faveur de la paix, du droit, du développement, du dialogue des cultures et des peuples, son action visionnaire en faveur de l'environnement".

Pour Jean-Claude Gaudin, vice-président de l'UMP, Jacques Chirac a adressé "un message clair au candidat susceptible de lui succéder". "Plus qu'un testament, c'est un carnet de route dans lequel, à l'évidence, Nicolas Sarkozy est aujourd'hui le plus engagé", a-t-il poursuivi dans un communiqué.

"Chacun attendait que le chef de l'Etat dise qu'il ne serait pas candidat, a souligné François Hollande sur France 2. Il ne pouvait pas l'être, je ne parle pas simplement d'âge mais également de longueur du mandat de douze ans, c'est beaucoup". "S'il faut avoir du respect pour la personne et pour la fonction, et j'en ai même si nous l'avons combattu, je pense que le bilan qui est le sien avec cette longue présidence ne l'autorisait pas à briguer un nouveau mandat".

Le porte-parole de Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, a estimé qu'en condamnant l'extrémisme, le chef de l'Etat avait aussi condamné "l'alliance que tente de construire Nicolas Sarkozy avec le parti de la famille Le Pen". "Jacques Chirac a condamné avec toute la fermeté républicaine qui se doit toute forme de complaisance ou de rapprochement avec l'extrême droite".

S'exprimant lundi, Dominique Strauss-Kahn a pour sa part souligné la "dignité" de l'allocution du président  : écoutez sa réaction.

D'après agences

le 11 mars 2007 à 20:15
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