Laurent Fabius lors d'une réunion du PS le 13 mars 2007 © TF1/LCI"On peut dire que la question Bayrou ne se pose pas, mais les chiffres des sondages et les échos du terrain indiquent qu'elle se pose", a déclaré d'emblée Laurent Fabius, mardi soir, selon un de ses proches qui participait au bureau nationale du PS. Laurent Fabius a fait valoir que pour gagner au second tour il fallait que Ségolène Royal "obtienne le plus grand nombre possible de suffrages au premier tour, donc le maximum de voix de gauche". Il a prôné la nécessité d'une campagne "clairement de gauche", sur quelques thèmes dominants. Soutenu par plusieurs participants, il a souhaité "que l'on renvoie clairement Bayrou et l'UDF à ce qu'ils sont, c'est à dire à la droite et au centre, non par sectarisme, mais par conviction et cohérence".
Le premier secrétaire François Hollande a fait valoir lui aussi qu'il fallait faire "le score le plus haut au premier tour pour construire la dynamique", selon le porte-parole Julien Dray. Laurent Fabius a mis en garde les socialistes contre le risque que "le vote utile" pour battre Nicolas Sarkozy puisse devenir le vote en faveur de François Bayrou. Il a insisté à cet égard sur la nécessité de ne pas laisser accréditer l'idée que le PS puisse signer un accord gouvernemental avec l'UDF.
"Réduire la dispersion"
"Si la confusion s'installe et qu'un signe égal est placé entre le vote Royal et le bulletin Bayrou, alors les électeurs risquent d'être tentés de faire le circuit court", avec "un vote utile anti-Sarkozy transféré vers le candidat de l'UDF", a-t-il dit, toujours selon un de ces proches. Henri Emmanuelli, selon ce même participant, est intervenu dans le même sens en soulignant qu'il n'était pas bon de "laisser entendre que nous pourrions changer la France avec François Bayrou".
Tous ces propos visaient directement Dominique Strauss-Kahn qui avait appelé il y a quelques jours François Bayrou à "rejoindre le pacte présidentiel de Ségolène Royal", en clarifiant sa position avec la droite. Ainsi, il a plutôt voulu insister cette fois-ci, selon un participant, sur la nécessité de montrer que "Bayrou est une illusion, il reviendra vers la droite". Il a estimé lui aussi, comme Laurent Fabius, qu'il fallait qu'au premier tour la candidate réunisse toutes les voix de gauche. "Il y a de l'indécision, il faut la réduire, réduire aussi la dispersion, distinguer les électeurs de Bayrou de Bayrou lui-même", a dit le premier secrétaire François Hollande, selon Julien Dray.
(D'après agence)
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