© AFP/R.FrançoisFrançois Bayrou sait déjà qui il souhaite affronter s'il était présent au second tour. Dans un entretien au Nouvel Observateur à paraître jeudi, le leader centriste affirme l'originalité de son programme face à celui de son adversaire de l'UMP. "Je pense qu'il y a une confrontation nette de projet de société entre Nicolas Sarkozy et moi. Alors qu'il n'y a pas cette confrontation entre Ségolène Royal et moi, ne serait-ce que parce que je ne perçois pas son projet de société", déclare le leader UDF. Décrit par le PS comme un homme de droite, François Bayrou semble vouloir, par ses propos, rassurer les électeurs de gauche et se démarquer de Nicolas Sarkozy.
Interrogé sur ses intentions d'alliance en cas de qualification pour le second tour, le président de l'UDF promet de ne se prêter à "aucune manœuvre". Entre les deux tours, "je parlerai avec qui voudra, mais je ne changerai pas de ligne", explique-t-il. Et de poursuivre : "je crois l'UMP et le PS très fissurés en leur sein. Cette élection va entraîner une reconstruction en profondeur du système politique français". "Je crois profondément que les sociaux-démocrates vont se révéler à l'occasion de cette élection. Ils en ont ras-le-bol de la manière dont le PS fonctionne. (...) Ils vont donc déclarer ouvertement qu'ils sont sociaux-démocrates. Et ceux-là ont évidemment leur place dans le rassemblement qui va s'imposer. Je n'ai aucun doute : il y aura des socialistes qui viendront dans la majorité nouvelle", déclare-t-il. Au sujet de Dominique Strauss-Kahn, François Bayrou lance : "qu'il s'émancipe de ce qu'il y a de dépassé dans son camp autant que je me suis émancipé de l'UMP, et on pourra parler ... sans difficulté".
Il voyait Simone Veil présidente
"Un président réformateur", voilà enfin ce que promet le président de l'UDF. Pour donner du crédit à ses propos, François Bayrou s'appuie sur son bilan d'ex-ministre de l'Education (1993-97), où il assure avoir "beaucoup fait", "dans le respect réciproque et la coresponsabilité". Une manière de répondre à ceux qui l'accusent d'avoir fait preuve d'immobilisme dans sa gestion du ministère.
Dopé par ses sondages, François Bayrou se permet même de complimenter Simone Veil. Alors que l'ancienne ministre de la Santé annonçait la semaine dernière son ralliement à Nicolas Sarkozy et l'accusait publiquement de "ne pas représenter le centre", le candidat de l'UDF avoue dans les colonnes du Nouvel Obs, avoir "longtemps rêvé que Simone Veil soit la première présidente de la République française".
Avec agence
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