François Bayrou © TF1-LCI - Election présidentielle"C'est du jamais-vu !" , s'exclame Sébastien, élève de l'ESSEC, devant la foule de jeunes qui se presse à l'entrée de son école. Mercredi soir, à Cergy Pontoise, dans les locaux de l'ESSEC, plusieurs centaines d'étudiants sont là pour écouter François Bayrou. Bien avant 20h, le grand amphi est déjà plein à craquer. Les sièges manquent, les élèves se rabattent sur les travées où, assis en tailleur, ils attendent l'apparition de l'étoile montante des sondages.
20h15 : un bruit parcourt l'assistance. "Ca y est, il arrive", murmure-t-on on dans les rangs. Fausse alerte. Il faut attendre 21h pour voir arriver, avec plus de soixante minutes de retard, le candidat UDF. Crépitements de flashs et applaudissements de la salle. La soirée commence, comme le veut la tradition à l'ESSEC, par un portrait de l'invité. Un jeune orateur prend le micro et, s'adressant à François Bayrou, lance : "après la présidentielle de 2002, vous rentrez à Bordères où vous partagez votre temps entre la politique et l'élevage de chevaux de course, dédaignant de nouveau l'UMP, pour ... le PMU !". Le leader béarnais est hilare. "Elle est très bonne !", s'étrangle-t-il de rire.
Le candidat anti-langue de bois ?
21h30 : place aux sujets sérieux. La dette, le financement des retraites, l'Europe, les délocalisations, tout y passe. Les questions des étudiants sont précises et dénotent une certaine méfiance vis-à-vis de la classe politique. "Je n'ai pas l'intention de venir devant vous en imaginant que je peux vous acheter avec un chèque", déclare-t-il sous les bravos et les applaudissements, ironisant ainsi sur l'offensive de charme de ses adversaires envers la jeunesse. François Bayrou se veut le candidat anti langue de bois.
En fin de soirée, le prétendant à l'Elysée se prête à un jeu de questions-réponses. "Simone Veil vous lâche, Azouz Begag votera peut être pour vous, ça s'appelle perdre au change ?" demande, narquois, l'un des interviewers. Bayrou, dopé par ses bons sondages, joue les indifférents. "Si des gens s'en vont, c'est qu'il fallait qu'ils partent, quand des gens arrivent, c'est une bonne nouvelle", répond-il à la manière d'un vieux sage.
"Un effet de mode"
A la sortie de l'amphithéâtre, les jeunes gens sont plutôt enthousiastes. "C'est le programme qui me plaît le plus ", affirme Romain, étudiant en éco-gestion à l'université de Cergy-Pontoise. "Il a su répondre à nos inquiétudes. Il m'a convaincue de voter pour lui", déclare sans ambages Arielle, étudiante en économie. "Avant ce soir, je voulais voter pour lui, mais c'était un vote par défaut. En fait, je me rends compte qu'il pourrait faire des choses pas mal s'il était élu. Je l'ai trouvé sympathique et plutôt convaincant", poursuit Ariane, élève de l'ESSEC.
Quelques voix discordantes se font cependant entendre. "Il n a pas été assez précis. Certes il n'est pas démagogue, mais il manque de fond dans ses idées", déplore Etienne, étudiant en sciences politiques à l'université de Nanterre. "Quand je vois qu'il était à 9 % dans les sondages en janvier, et qu'il est aujourd'hui a plus de 20%, je ressens un léger malaise voire un gros malaise. J'ai l'impression que tout ça n'est qu'un effet de mode. Les medias ont fait la même chose avec Ségolène et l'ont portée aux nues. Et puis ça a fait ‘pchittt', et maintenant on se reporte sur Bayrou", regrette Florian, élève de l'ESSEC. Ce qui n'empêche pas le jeune homme d'ajouter : "je voterai quand même pour lui".
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